Nouvelles nouvelles


Les nouvelles en instance de publication


En 2009, certaines de mes nouvelles inédites seront publiées :

  • Crâne d'os, dans le recueil collectif "11 balles perdues" édité par Caramba ! Publishing en version électronique. Accessible en décembre 2009

    Un flic entré par effraction dans le crâne d'un tueur assiste à son assassinat.




Les nouvelles publiées

Hateful, dans le recueil collectif "London calling" édité chez Buchet-Chastel en hommage aux Clash. Préface d'Antoine de Caunes. 19 auteurs se sont emparés d'un titre.

Libéré sous caution un rocker junky retrouve un pote et l'envie de composer du rock dans le Londres des années 80.

Ecoutez Hateful des Clash ICI   Accéder à la page sur ce blog



Caduta massi, dans le recueil collectif édité chez Les ateliers de Porthos en faveur de la recherche sur les maladies orphelines. 2009

Un gigolo ayant pris un coup sur la tête ne peut revenir à la réalité.





La gaule à Mickey, dans le recueil collectif édité par Mauves en noir, à l'occasion du festival 2009 de Mauves sur Loire (44). 2009

 Un pêcheur à la ligne se venge de ne plus pouvoir pêcher dans le Rhône.






Attention la marche, recueil collectif Dans le panneau, édité par La Noiraude chez Terre de Brume, Granit noir, à l'occasion du festival Fureur du noir, Lamballe 2008.

Un éditeur minable loupe une marche et vit ses derniers moments en compagnie d'un rat qui cause...





Au bout du bou
t,
recueil collectif A bout de course, édité par Mauves en noir à l'occasion de leur festival 2008.


La poursuite acharnée d'une criminelle par une policière, autrefois copines, se termine en eau de boudin... mortelle !






Balistique du désir
, Krakoen, 2007, préface de Marc Villard, couverture de Joe G. Pinelli, 21 nouvelles rassemblées, la majorité inédites
.

1.    Le petit légume, page 13
Une gamine et son grand frère infirme passent un pacte criminel.
Ecouter Le petit légume, lu par Constance de Bock

2.    La peau des femmes*, page 23
Un médecin chef psychiatre captivé par les écrits d'un psychopathe criminel succombe à la tentation d'être caressée par lui.

3.    L'insecte, page 35
Un privé, chargé de photographier les ébats d'un couple en flagrant délit d'adultère, s'émeut de l'agonie d'un insecte avant de la partager.

4.    Les gnons*, page 47
Une femme battue attend le retour de son mari alcoolique qui n'a pas bu ce soir-là.

5.    Le pont, page 57
Durant le pont du Quinze août, un tueur appelé au chevet de sa mère mourante prend des dispositions pour augmenter la statistique de mortalité caniculaire.

6.    Ankylose, page 67
Un adolescent éconduit par l'amie de sa mère puise dans Stendhal les raisons de se venger.

7.    Poisoned town*, page 81
Les affres tragiques d'une fan du rocker rouennais Dominique Laboubée, leader des Dogs.

8.    Argile chaude, page 91
Un grand écrivain en panne d'inspiration résiste en vain à la pression de son éditrice.

9.    La chambre bleue, page 103
L'endormissement impossible d'un historien de la civilisation chinoise le conduit à la pire extrémité.

10.    Le pied de Jeanne*, page 113
Une détective réagit aux grasses plaisanteries d'un amant occasionnel, objet de son enquête.

11.    Joseph n'ira pas au Paradis, page 127
Une douanière séquestre un clandestin pour en " disposer " à sa guise.

12.    Mon gun, page 139
Un souteneur découvre à ses dépens que l'ambition commerciale peut être mortelle.

13.    Mise en abîme, page 151
La lecture savante de la photo énigmatique d'une scène de crime n'est d'aucune utilité au commissaire de police.

14.    Les tourments de M. Grauman, page 161
Un scientifique de renom  découvre la vraie nature de sa sexualité en repoussant les avances d'une admiratrice entreprenante.

15.    Myriam trouble, page 175
Une jeune femme administre une leçon d'histoire à un négationniste.

16.    La vraie nature de Paulette, page 187
Un vieux radin troublé par la dentition gâtée de sa jeune voisine défend son magot.

17.    Tranx, page 201
Un malade mental s'énerve, l'infirmière a tort de ne pas l'écouter.

18.    La saignée*, page 207
La naissance de la carrière criminelle d'un fétichiste fasciné par les genoux de l'épicière.

19.    Dans l'os, page 217
Le coup de foudre peut être un coup fatal, un dealer l'apprend à ses dépens.

20.    Destin de Bobbie, page 223
La déposition d'un assassin de 12 ans qui aimait la chienne de son grand père.

21.    Caramel dur, page 235
La mère d'une victime de la route tend un piège au motard ayant causé l'accident.

Accéder à la page de Balistique du désir


Stories of the Dogs
, Histoires pour Dominique, recueil collectif, Krakoen 2007, hommage de 22 auteurs du noir au rocker Dominique Laboubée.

*Poisoned Town, nouvelle de Max Obione, reprise dans Balistique du désir.







Graines de noir
, recueil collectif, 8 auteurs, Krakoen 2006,

*Les gnons, *La saignée, *Le pied de Jeanne, repris dans Balistique du désir








Nouvelles de Caen
, recueil collectif, éditions des Falaises, Cappucino, 2006,

Myriam, repris dans Balistique du désir sous le titre de *Myriam trouble








Noir et blanc
, recueil collectif édité par Mauves en noir, 2007

*La peau des femmes, repris dans Balistique du désir








Mine de rien, courte nouvelle illustrée (photos et calligraphies), exposition à louer Voir





















La noiraude

Toutes mes nouvelles sont déposées à la Noiraude, médiathèque de Pordic (22). La Noiraude est un fonds spécialisé dans la nouvelle noire ou policière. Le site



Et pour vous les gâtés, voici une nouvelle parue sur le site Le Littéraire  :

(commande de Julien Védrenne pour Lire en fête 2005, sur le thème "Un auteur, un libraire", lire ci-après ou sur le site de Le Littéraire)
Un ticket dans le tuyau


Un flic rentre dans une librairie pour interroger le libraire dans le cadre d’une enquête criminelle ; au bout d’un moment, il ressort avec trois bouquins en ayant oublié l’objet de sa visite.

Toute la brigade rabote ses dents sur un os, ça vionze sévère dans les sphères, les invectives pleuvent sans discontinuer et les bretelles n’ont pas besoin d’être élastiques, les ramiers de la Judiciaire ont eu les bronches ventilées, Sharko de Beauvau lui-même a téléphoné au directeur départemental en éructant : « Culture de résultat ! Sinon, les primes ? Sucrées ! », le Parquet a signifié son réquisitoire introductif à la vitesse grand V, le juge d’instruction Martignac signe des commissions rogatoires à tout va, les gardes à vue explosent, les grands patrons cravachent les équipes face à l’émotion ressentie par la population relayée sur cinq colonnes, jour après jours depuis quatre jours, par Paris-Normandie. La découverte au petit matin de vendredi dernier des corps dénudés et suppliciés de trois jeunes femmes de race européenne, dans trois endroits de pouvoir de la ville, a fait l’objet d’une bombe sale dans le traintrain des faits divers. Sans compter que la déflagration a aussi atteint les médias nationaux. Pour le moment, on patauge profond ; aucune des assassinées n’a pu être identifiée ; aucune disparition signalée correspondant à leurs signalements morphologiques ; leurs portraits diffusés sont  demeurés improductifs. Le boss a confié à notre équipe l’enquête sur la victime, dite du « Palais de justice », les deux autres étant désignées « Préfecture » et « Hôtel de ville ». Il a dit que je suis veinard pour un morveux de lieutenant tel que moi, frais émoulu de l’école, parce que le charcutier-légiste a trouvé un truc marrant dans le conduit de l’oreille du cadavre Palais de justice : un ticket de caisse bizarrement roulotté menu. D’après la scientifique qui a produit une photocopie, il s’agit d’un ticket provenant, selon le tampon apposé sur le bout de papier, d’une librairie : L’écho des vagues, 19 rue Alsace Lorraine à Rouen. Les mentions sont visibles malgré le sang qui a maculé le document par endroit. Plusieurs traces d’ADN relevées dessus sont en cours d’analyse. L’indice est mince ; il va falloir faire avec.
On m’a prévenu :
– T’emballe pas Jeannot, y a des palanquées de dérangés qui se fourrent n’importe quoi dans le tuyau de l’oreille. Et pas que des mômes. T’as qu’à interroger un spécialiste des feuilles, tu seras édifié !
Peut-être, mais on n’a rien trouvé de semblable sur les deux autres cadavres. Etait-ce Palais de justice qui s’était livrée à ce jeu innocent afin de titiller son tympan ou de récolter son miel ? Etait-ce son tortionnaire qui nous livrait ainsi le premier caillou blanc d’une vraie (ou d’une fausse) piste ?
Durant le trajet à pied, le véhicule de service étant en panne, je dresse le catalogue des questions à poser au boutiquier. Je gamberge encore quand je me plante à dix heures pétantes devant la petite vitrine grisâtre ; « neuf et ancien » signale l’écriteau ; le bois mis à nu par les intempéries n’a pas connu la caresse d’un pinceau depuis lurette. Je suis tout seul sur ce coup, tous les moineaux de la volière s’étant égaillé sur l’agglo à la recherche des miettes d’information, tous les indics devant être passés au gril. Le brassard enfilé et droit debout sur mes gardes, j’ai les mouillettes fébriles de découvrir une pépite qui ferait baver les collègues de jalousie.
La sonnette émet un mini guiling économe d’effet sonore. D’emblée mes narines sont assaillies par une odeur de vieux papelards mêlée à celle d’encaustique. Personne… si, merde, je ne l’ai pas vu dans le coin, tellement il s’intègre aux rayonnages ; il a des bouquins dans les mains, il range, ça range toujours un libraire.
– Vous êtes LE  libraire ?
– Oui.
– Police judiciaire…
Il s’apprête à déposer les livres sur la table devant lui. Mais le mouvement qu’il accomplit m’alerte, par réflexe je défouraille, nerveux :
– Pas de ça Lisette, mains en l’air. Approchez par là, doucement, mollo mollo, s’il vous plait.
Il s’exécute et lance d’une voix qui nasille dans les aigus :
– Je n’ai pas de flingue planqué, rassurez-vous ! On peut discuter calmement peut-être, je suis prêt à répondre à toutes vos questions.
– OK !
Il n’a pas l’air troublé. Je lui déballe l’objet de ma visite et les questions tournent autour de ce fichu ticket de caisse, son montant, la date de l’achat qu’il révèle, l’identité de l’acheteur ou de l’acheteuse… Tout, quoi ! Je lui fourre la photo sous son nez.
– Ce serait une cliente, d’après vous ? qu’il me demande un rien narquois.
J’aime pas son air. Il pagaie à contre courant dans sa mémoire, ne révèle pas grand-chose de significatif, puis insensiblement il me parle de crimes, de serial killers, de polars qu’il conseille. C’est dingue la faculté dont dispose cette profession de vous orienter dans une direction inconnue de vous, mais dont elle subodore qu’il vous serait agréable de découvrir.
J’explique que :
– Moi, vous savez, ce qu’il y a dans les polars je le vis tous les jours, c’est rarement aussi bandant que dans les bouquins. A vrai dire, je ne suis pas un grand lecteur de polars ; quelque fois, j’en lis, ceux qu’on m’a prêtés le plus souvent ; parmi les bouquins des auteurs français, je détecte tellement d’erreurs de procédure que celles-ci m’obnubilent au point que je décroche souvent de l’intrigue.
La voix de ce grand échalas aux cheveux sombres et raides emplit mon cerveau d’une musique captivante. Tenterait-il de noyer le poisson, ce bougre ?!  Derrière ses lunettes fines, ses yeux pétillent quand il évoque les intrigues dont il connaît par cœur le déroulement, les noms des protagonistes, les lieux des crimes… Il me signale les livres qui – selon lui – sont de véritables traités pratiques de criminologie. Puis, il me parle du style, – c’est le style qui engendre l’écrivain, de la musique noire des écrivains du noir, de la face noire de l’âme humaine, de l’existence sans les emplâtres consolants des religions déistes, du mal omniprésent, etc… Il me parle de James Ellroy et de bien d’autres auteurs du genre que je ne connaissais pas. C’est un vrai libraire qui communique une envie de lire, un prosélyte de la littérature polardière en l’occurrence. Une espèce en voie de disparition… qu’il faudra bien cloner un jour ou l’autre sous peine d’être amputé d’un plaisir de l’existence.
Au bout d’une demi-heure, lorsque je sors mon bifton de cinquante euros, je suis content. Tout s’effectue manuellement, les relevés pour les réassorts, la caisse à l’aide d’une calculette.
– J’aurai bientôt une informatique d’enfer, qu’il se croit obligé d’annoncer.
– Oui, une caisse enregistreuse, c’est utile, précisé-je détaché en pensant au ticket découvert dans l’escourde de Palais de justice.
– Voici votre monnaie. N’oubliez pas votre ticket de caisse ! dit-il sans ironie en tamponnant le reçu.

Mes trois livres en main, me voici sur le trottoir, envahi de la hâte de m’y plonger, à commencer par Le dahlia noir.
« Vous trouverez certainement une piste là-dedans, la psychologie des meurtriers s’y trouve. » Ces paroles me reviennent en mémoire tandis que je dirige mes pas vers la rue Gadeau de Kerville. Puis je commence à réaliser : « Il m’a bien manœuvré ; je me suis laissé embobiner comme un gland. » Mais bizarrement, je m’en fous. Demain, j’y retourne. Et si Palais de justice avait, elle aussi, subi cette fascination, dans cette même boutique, face à ce même libraire ?
En bas de la rue de la République, je croise un petit groupe de personnes qui parlent haut et se réjouissent. La nouvelle s’est répandue dans la ville : l’assassin des femmes s’est constitué prisonnier.
Mon portable chantonne :
– Oui, je sais, répond-je, heureux comme Baptiste, car il m’en aurait coûté de découvrir que le libraire fut en quoi que ce soit mêlé à ces crimes.
En traversant la Seine, un zef chargé de crachin nauséeux me fouette le visage. Je rumine en regardant mes trois bouquins : «  M’étonnerait pas que le criminel ait été client de la librairie, il serait passé aux travaux pratiques en quelque sorte. Putain, tous ces barges qui se trimballent, qui confondent polar et mode d’emploi, ça fait peur ! »

Septembre  2005


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