Les édiles de Méandreuse-sur-Seine ont rompu le pacte autorisant le caïd des Hodeux à faire régner l'ordre dans la cité des "racailles". Plus question de lui
verser du fric pour acheter la sécurité. La trêve étant rompue, la baston est inévitable… mais le dénouement en surprendra plus d’un(e). Un Rouen de cauchemar !?
AVANT PROPOS
La famille des céphalopodes romanesques vient de s'enrichir d'un nouvel avatar. Voici qu'un décapode impertinent singe les frasques du Poulpe, le héros de la série phénomène créé par Jean-Bernard Pouy. Mais la poulpologie est impuissante, les poulpologues conjecturent en vain à la lecture de ce Calmar car parmi la foultitude des auteurs de Poulpe lequel serait donc pastiché ici ? Mystère et boule de gomme !… Comme le rébus de l’intrigue possède un punch d'enfer et que cette histoire résonne d'une musique bien singulière, qu'importe en vérité ! Max Obione, tel qu'en lui-même dans ces pages, n'ayant emprunté que le substrat de la saga poulpienne, se livre dans la tradition du pastiche littéraire à un véritable exercice d'admiration. Son roboratif "Calmar au sang" aiguise bougrement les papilles !
André Lacaille
C'est un mec libre circulant le nez au vent, toujours prêt à semer sa zone, à shooter dans les taupinières, à bastonner
les méchants cons. C'est un traîne savate au grand cœur, toujours à la page, mettant ses pieds dans les pas des gens défrayant la chronique des chiens écrasés et autres rubriques réservées aux
éclopés de la vie… Graine d’ananar sur les bords, c'est une espèce de pigiste-détective à son compte, une sorte d'aiguilleur de destinées manquées, coriace mais tendre, débonnaire mais soupe au
lait, curieux comme une fouine, pistant les fafs rien qu'à l'odeur. Indécrottable à perpète ! Ses deux amours? Lilas la manucure et son vieux zinc Farnborough qu'il retape. Le passe temps favori
de cette grande gigue ? Gratter en se bidonnant, là où ça fait mal ! Comme ces plaies suppurantes de la souffrance sociale. C'est un chaleureux détonateur des temps présents.
Revue de presse
Critique en ligne sur Noircommepolar (octobre 2005)
Voici la conclusion du papier de Joël Jégouzo
Le Calmar de Max Obione est donc un sacré Poulpe, un Poulpe au cube même, aux prises avec une France plus noire que jamais - et encore : c'est pour demain, parions-le ! [...]
Un roman de la mort qui tue en somme, où l'on croiserait Zazie dans les décombres du métro parisien, et Max Linder
accoudé à La Périchole, le bar de la Porte de Vanves où le Calmar a élu domicile. Mais il ne faudrait pas réduire ce roman au seul pastiche. Dans un style particulièrement décapant, Max Obione a
réussi un sacré tour de piste, en nous offrant au passage un tableau édifiant d'une France vautrée dans les rigoles de son histoire.
Critique en ligne sur Lelitteraire (septembre 2005)
Voici la conclusion du papier de Julien Védrenne
[...] Maintenant, pour parler de Calmar au sang, il me faudrait quand même oublier Jean-Bernard Pouy et son Poulpe. Mais c'est dur. Toute la lecture rappelle ce héros. Même si des différences d'approche existent. Le Calmar est un peu plus maudit que son père. Il voyage en moto en 2008 dans une France presque méconnaissable. Ses envies anarchistes sont toujours-là. Son avion aussi. Et il n'hésitera pas à le faire voler pour mieux lancer toutes ces bombes qu'il soulève. Les méchants sont toujours aussi vils et mesquins. Et les rencontres du Calmar permettent toujours autant d'espérer. Le genre humain subsiste. Dans un monde où chacun espionne pour l'autre, la bonté et la beauté surnageront. Il est trop franchement enamouré de sa Cheryl à lui, de sa Lilas. Mais ce n'est pas grave. Le rouge à lèvres est beau et l'imagination féconde.
Le talent de Max Obione, avec Calmar au sang, qui aurait mérité d'être un "vrai" Poulpe, est
dans cette greffe dont je parlais auparavant. La terre était prête pour l'accueillir. Son secret ? Sûrement un mélange équilibré de respect, d'appropriation du héros - ce que JPB souhaitait par
dessus tout - et de folie. Vous me direz que pour parler des poulpes et des calmars, il aurait mieux valu se référer à la génétique qu'au bouturage mais il y a un point commun : la greffe. Et
celle-là a parfaitement pris.
Critique en ligne sur Pol'Artnoir (septembre 2005)
Voici la conclusion du papier de Patrick Galmel
Le Calmar... une copine manucure... un vieil avion à retaper... quelques penchants libertaires... ça ne vous dit rappelle rien tout ça ? Mais si voyons ! Azrael Zerikian est un cousin de Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe. Attention, je n'ai pas dit un clone, un cousin... germain, même s'il n'a rien d'allemand.
Max Obione nous offre là un réjouissant pastiche de la série initiée par Jean-Bernard Pouy : tous les éléments constituant le cahier des charges de l'aventure poulpienne y sont d'ailleurs réunis ; c'est juste l'éclairage qui est légèrement modifié, mais l'espris est intact :
— Moi, je me ballade pour humer l'air du temps.
— Beau métier (...).
— Vous savez l'air du temps, c'est pas toujours du sent-bon, c'est aussi l'odeur de la pourriture.
Max Obione profite de l'aubaine qu'il s'est lui-même donnée et laisse couler sa colère, sa rage, face à cette société bien pensante qui se construit sur la peur, qui s'organise, qui récupère, qui met en œuvre la défiance, qui fait de l'autre un ennemi potentiel... Chacun en prend pour son grade à Méandreuse sur Seine - mais ne reconnaît-on pas là cette ville nichée au creux de la Seine, justement, et dont la cathédrale vit passer une célèbre Jeanne qui allait finir au bûcher ? L'auteur, à sa manière, met en lumière les accords improbables qui unissent parfois (toujours ?) des factions opposées, sur le dos de la plèbe et des miséreux. Chacun y trouve son compte bien sûr, sauf la piétaille !
Dans une écriture et une langue refraichissante, enrichie de néologismes bien sentis, alliant une narration précise à une certaine magie de la description - cette séance de coiffage chez un merlan mélomane à tendance bluesy est un vrai bonheur, quant au ressenti du timbre de voix de Billie Holiday, il est tout simplement génial - Max Obione nous apporte un ballon d'oxygène avec son Calmar, car Azrael ne s'embarrasse pas de préjugés, il rentre dans le lard, de manière directe, frontale et primaire, et il s'en donne à cœur joie. Que les fafs, fachos, racistes de tous bords aillent cramer en enfer, il fonce, il défonce : après lui, voire avec lui, le déluge !..
Ce livre a une histoire...
A l'origine, j'ai écrit un Poulpe. Malheureusement, les
éditions Baleine ont perdu le manuscrit au moment où elles battaient de la nageoire avant d'être avalées par Le Seuil ( avant de retrouver aujourd'hui pignon sur rue). Pour régaler les
potes et la famille, je me suis fendu d'une édition hors commerce sous le titre de Au bon beur des drames. Quelques mois plus tard,
devant les réactions favorables suscitées par cet essai, j'ai donc décidé de rajouter deux tentacules à mon octopode pour en faire un Calmar, avec tous les attributs caractérologiques de son
modèle. Jean-Bernard Pouy m'a dit avoir savouré cette recette de Calmar au sang. Qui sait, si demain ce Calmar ne redeviendrait pas enfin un Poulpe, après tous ces détours mésaventureux.
Aux éditions Baleine relancées d'en décider.