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Libéré sur parole après avoir purgé dix ans de pénitencier, Mosley J. Varell coule des jours ternes dans un coin reculé du Montana. Il vivote en écrivant des scénarios de dessins-animés. Gougou le kangourou, c’est lui. Astreint à pondre des histoires à décerveler les mômes, on vient cependant de lui commander le scénario d’un biopic sur le romancier David Goodis. Un matin, il reçoit une lettre postée de Louisiane. Il a reconnu l’écriture, c’est celle de son père qu’il hait depuis toujours. Mais pourquoi Varell décide-t-il de partir le retrouver ? Ayant la phobie de l’avion, il entame une grande diagonale routière. La fatalité, un temps en sommeil, l’entraînera à ponctuer son périple de meurtres comme autant de cailloux blancs que Le Nain, un détective teigneux lancé à ses trousses, saura ramasser…

Max Obione fait le noir, le noir profond, sans rémission ni lueur rédemptrice ; dans un roadmovie paroxystique et crépusculaire, il conjugue « no future » à tous les temps de l’imparfait de l’existence.

Classé parmi les 5 meilleurs polars de la sélection 2010 concourant pour le Trophée 813 (Roman francophone) décerné par les lecteurs – amis des littératures policières

Coup de cœur des bibliothécaires de la ville de Paris en 2010

Première édition Krakoen 2010

ISBN 978-2-36907-045-0 - 9 €

Vente en ligne sur le site ska-librairie.net frais d'envoi gratuit

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Avant-propos

Normalement, les routes vont d’un point à un autre et quand elles racontent des histoires de cinglés en ballade, on les appelle des itinéraires « bis », direction le mur ! Scarelife nous entraîne dans le sillage d’un dénommé Mosley Varell, un tordu du genre bon bougre malgré tout. A sa suite, on cingle à travers les States, en diagonale, de Missoula (Montana) à la Nouvelle Orléans (Louisiane), et ça fait mal comme une lame de couteau qui s’enfonce dans les chairs d’une Amérique de l’après 11 septembre. L’écume de son passage, c’est de l’hémoglobine pure, comme la mousse qui bubulle d’une carotide sectionnée. On meurt beaucoup à le rencontrer. Là où il fait étape, c’est plus fort que lui, les vieux démons le reprennent, son passé d’homme de main d’un mafieux hollywoodien ressurgit. Malheur à qui le contrarie ! Mais il lui arrive cependant de trucider par bonté d’âme. En tout cas, le voilà en route pour régler ses comptes avec son passé où domine l’ombre de son paternel, pasteur de son état et brute épaisse. S’il n’y avait eu cette lettre du père reçue un beau matin, Mosley serait resté planqué à peaufiner un biopic sur la vie de David Goodis, l’écrivain maudit, l’auteur de Tirez sur le pianiste !, le scénariste de Dark passage et de bien d’autres chefs d’œuvre de la littérature noire. Parce que Mosley a aussi ça dans le sang, l’écriture, en plus de sa folie meurtrière ! Son road movie devient en fin de compte son chemin de croix, avec un détective aux trousses, un teigneux détraqué comme lui, surnommé le Nain… On sait que les héros des romans noirs, mouisards perpétuels, connaissent rarement la rédemption, le tragique de la condition humaine demeure leur horizon indépassable. Ce qui commence mal se termine encore plus mal. Le voyage de Mosley Varell s’apparente à une partie de toboggan diabolique d’où l’on ne peut descendre. Schuss vers l’enfer ! Cet écorché vif est un personnage goodisien en diable ! Le gouffre nous est promis à travers une mise en abyme vertigineuse. Max Obione a le chic de nous captiver en nous contant l’histoire d’un auteur qui écrit sur un auteur qui écrit sur un auteur qui écrit … Une construction savante et un style. Du délire en prime pour un réel bonheur de lecture noire.

Paul Seudon (2010)

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Revue de presse…

Patrice Lebrun a lu Scarelife (sur la liste de discussion 813 - novembre 2012)

« Papa envoie du courrier au bout de 32 ans. Qu'est-ce qu'il veut cet emmerdeur ? Il habite Rochelle en Louisiane, et moi Kersbaloo au Montana, ça fait une trotte. Il faut quitter Bess, c'est que notre histoire serait plutôt du désamour. Moi, c'est Mosley, je scénarise David Goodis, pour des studios. Mais quand on aime, il faut partir, alors c'est décidé direction Rochelle, en bus et je rencontre Leen, une chaudasse du fion, accro à la bibine, c'est à cause de son mari amateur de pommes. Je monte dans un camion, le chauffeur Sanchez transporte des bibles pour les Africains, et, après coup, je doute que sa fumée monte jusqu’à Dieu. Faire du stop d'accord, mais il faut pas non plus inverser les rôles, le braqueur, c'est moi. Et le flic là-dedans, c’est Herbie Hebs dit "le nain", « trois pouces de jambes et le trou du cul tout de suite ». Le nain suit Mosley, vu l'odeur, c'est facile. A faire la route, on croise des gens formidables comme Cody Mulch, ex taulard, videur de chiottes. Encore un peu de route et j'arrive dans l'Oklahoma, la guerre des gangs entre Italiens et Coréens ne donne pas envie de s'éterniser, et l'autre là, j'ai oublié son nom avec sa tête rose, attention c'est pas une tafiole, et Tine l'éleveuse de lapins, et Johnny qui n'est pas un baigneur en celluloïd, et Zac, et Edwin, épuisant ces milliers de kilomètres pour retrouver papa à l'autre bout des USA. Papa je suis là, je suis arrivé, je suis revenu, tu m'entends ??!! Et David Goodis prend vie dans les scénarios de Mosley, River Street, Philadelphie, Goodis, costard élimé, chapeau sur la tête, un verre à la main, regarde une fille, dans une robe fourreau jaune, on entend une chanson de Billie Holliday... Road movie avec Mosley et ses crimes, ceux d'hier et d'aujourd'hui, les rencontrés sont bien foutraques. Arrive-t-on à croiser autre chose que des gens comme soi ?"

Jean-Paul Ceccaldi a lu Scarelife (sur le site Ile noire)

Scarelife… Scars of life !… Les cicatrices de la vie sont plus profondes chez David Goodis que les balafres de Scarface., pour entrer directement dans la référence cinématographique. Max Obione nous enfonce dans un univers où s’agitent des héros brisés par la vie mais qui essaient de s’en sortir. Mosley, personnage goodisien à l’âme noire, entame sa longue marche contre le destin avec une vie déchirée au bout du chemin. Sorti de prison, ce scénariste vivote en écrivant pour les enfants, mais il vient de signer un contrat pour un film sur la vie de David Goodis. Un projet qui lui va comme un gant. On reproche aux moralistes kantiens de n’avoir pas de mains, notre héros a des mains rongées par un eczéma purulent et une conviction pas franchement morale : « Dieu punit toujours les enfoirés mais il faut l’aider ». Il a les mains sales jusqu'aux coudes. Il aime les plonger dans la merde et dans le sang… au moins de façon métaphorique. ...............

Max Obione aime le roman noir et sa liberté d’écriture, tout en jouant avec un langage parfois cru qui n’exclut pas les effets de style. Dans cet ouvrage, l’âme de David Goodis l’a sans doute accompagné. A chaque étape de la course de hanneton faite par le meurtrier, le scénario imaginaire « Goodis, Ad vitam » est livré par bribes au gré des idées noires de Mosley. Dans une suite d’épisodes, le voyage de Mosley s’égrène, comme un feuilleton avec des nouvelles noires comme celles qui ont fait le succès des Pulps. Vous y rencontrerez quelques personnages secondaires hauts en couleur comme Cody qui nettoie des vespasiennes mais ce n’est qu’une couverture pour ses activités de nervi professionnel. Jazzman occasionnel, il joue My funny Valentine comme un dieu. Mais la vedette du roman reste Mosley, scénariste goodesien, héros de papier inventé par Max Obione. Imprégné par l’univers glauque de Goodis, l’auteur de Scarelife rend un fin hommage à son confrère de Philadelphie et au cinéma inspiré par le roman noir né dans le sillage d’Hammet et de Chandler. (octobre 2012)

Patrick Galmel a lu Scarelife (pol’art noir – décembre 2010)

Mosley ne s’y attendait pas vraiment, mais après trente deux années de silence, c’est bien une lettre de son père qui, depuis la Louisiane, est arrivé jusqu’à lui au fin fond du Montana. Et Mosley de tout laisser en plan — son boulot de scénariste, Bess avec qui il vit — pour faire le trajet inverse. Par la route ou le rail ; Mos a la phobie de l’avion… Les grands espaces, les routes infinies, rectilignes, se plaisent bien aux États-Unis. Alors Max Obione enfile à nouveau (après Amin’s Blues) sa veste américaine et jette sa plume sur le bitume pour une diagonale inédite qui nous mène du Montana à la Louisiane, ou de James Crumley à Charles Willeford. Dans ses pèlerinages au pays du polar, Max Obione laisse derrière lui de petits cailloux blancs (ou noirs) qui permettent de remonter la piste, de le suivre, comme ici son personnage, en mouvement, qu’il prénomme tout bonnement Mosley… Mosley J. Varell est donc sur la route. Il concocte sur le chemin le synopsis qu’on lui a commandé. Après tout son métier n’est-il pas d’être scénariste. Il écrit des conneries pour les gamins qui, si elles finissent par le dégoûter, le font néanmoins vivre. Mais cette dernière commande est différente : il s’agit de mettre en scène une biographie du romancier David Goodis. Tandis que Mosley construit son projet, imagine les scènes, les personnages, les rencontres défilent au même rythme que les kilomètres avalés. Certaines finissent mal. Mosley assassine. Oh, pas par méchanceté, plus pour rendre service… De vieux démons qui resurgissent. Derrière lui, Herbie Erbs, le flic qui l’a fait arrêter, puis condamner à vingt ans de pénitencier veille, surveille. Il n’a pas digéré le vice de procédure qui a sauvé Varell de la chaise et Mosley est toujours dans son collimateur. D’ailleurs, sa disparition ne présage rien de bon. Herbie sent cela et se lance sur sa piste, remontant le fil des cadavres… Cette fois c’est peut-être à Georges Chesbro qu’est lancé le clin d’œil, avec le personnage de Herbie, le nain, celui qu’on surnomme Minicop ! Et l’ode au roman noir américain et au cinéma qui l’accompagne de se poursuivre au fil des pages, avec toujours David Goodis au centre du périple ; Max Obione se coulant avec délice dans cette noirceur poisseuse, jouant de son style acéré, variant les éclairages, les points de vue jusqu’à ce qu’enfin la route se termine. Max Obione est un auteur subtil qui aime le noir. démesurément. (décembre 2010)

Corinne Naidet a lu Scarelife (Carnet de la Noirôde)

Mosley J. Varell fuit… Sa vie dans un bled paumé du Montana, sa compagne, obèse et infidèle, son passé de taulard. Même son boulot de scénariste et son manuscrit sur David Goodis. Il fuit et traverse les Etats-Unis après avoir reçu une courte missive de son père. Pourtant il le hait son paternel, mais la rédemption est peut être là, au bout du chemin. Mais tel un personnage de Goodis, Mosley ne peut, ne pourra échapper à ses démons et à son destin. La route sera pavée de drames et de sang, sans qu’il le cherche, comme une fatalité, comme la mort suit Joe dans le roman de Marc Behm, Trouille ( Rivages/noir). Ou bien qui le précède comme Herbie Hebs, un flic teigneux surnommé « minicop » vu sa taille de nain et qui veut le coincer à tout prix. S’il n’était signé Max Obione, on pourrait prendre ce livre pour une traduction d’un roman américain des années cinquante. Hommage déclaré à David Goodis, l’auteur multiplie les références à cet écrivain mais aussi à tout ce qui a fait les plus belles pages du roman noir. Pour autant, on évite complètement les clichés et une narration qui serait un exercice de style. En amateur du genre mais en pro de l’écriture, Max Obione nous livre ici une belle histoire, un conte, un scénario, une métaphore. Comme David Goodis, « un mélange d’amour fou et de tristesse désespérée et calme à la fois » (Marvin H. Albert) Maguy Nesse (Carnet de la Noir’rôde n° 41-automne 2010)

Pierre Faverolle a lu Scarelife (black novel – novembre 2010)

Cela faisait un bout de temps que je voulais lire ce roman, un roman bien sec, bien nerveux pour changer. Après avoir appris qu’il faisait partie de la sélection 2010 du trophée 813, je ne pouvais attendre plus longtemps. [... Fantastique, c’est le premier adjectif qui me vient pour ce polar dans la plus pure tradition des romans noirs américains (alors que l’auteur est français et qu’il situe l’action outre-atlantique). Ce roman est un vrai hommage envers les grands auteurs du siècle passé mais aussi envers ceux d’aujourd’hui. Un hommage réussi qui a l’avantage de porter la signature personnelle de Max Obione. Il ne fait pas comme eux, mais prend tous les codes du genre pour en faire son œuvre, et c’est très réussi. Il y a Mosley le méchant, le tueur qui transforme ses crimes en accidents, sans sentiments, uniquement mené par ses pulsions et poussé par son objectif : retrouver son père. Il y a Herbie le gentil, le flic obsédé, qui délaisse son ménage pour enfermer celui qui incarne le mal absolu, peut être par vengeance envers ceux qui se moquent de son apparence. Il y a le contexte d’une Amérique pauvre, sale, faite de gens laissés sur la bas coté de la grande route. Tout cela est bien noir. Et puis, il y a le style. Ce roman divisé en deux se lit comme on boit un café, court serré et sans sucre. Les chapitres consacrés à Mosley sont écrits à la première personne, avec un style court, sec, acéré, parfois sans verbe ce qui permet de ressentir le manque d’humanité du bonhomme, ceux consacrés à Herbie à la troisième personne, avec un style plus littéraire. Quel brio d’opposer aussi les deux personnages par ce biais ! Malgré les hommages à une littérature que certains jugeraient dépassés, ce roman est bien rafraîchissant, et vous vous devez de le lire urgemment. Tout de l’intrigue aux personnages, du style à l’ambiance y sont parfaits pour passer un excellent moment de littérature noire, tout ce que j’aime. Hannibal le lecteur a lu Scarelife (site) Résumé Mosley J. Varell, qui a passé dix ans derrière les barreaux, vivote désormais en écrivant des scénarios de dessins animés crétinisants pour les enfants – Gougou le kangourou, c’est lui. Un matin, il reçoit une lettre de son père, qu’il hait depuis toujours. Il décide immédiatement d’aller le rejoindre, mais comment se rendre du fin fond du Montana en Louisianne lorsqu’on a la phobie de l’avion ? Un long trajet en car s’annonce… Mon avis « J’ai un pressentiment, un goût excentrique dans la bouche, ça vient comme ça, ça ne s’explique pas vraiment… le gars à tête rose… le gars à tête rose… qu’on devine derrière la vitre du poste va vivre ses derniers moments. Ça ne s’explique pas vraiment. La décapotable glisse, moteur coupé, jusqu’à la pompe près du bâtiment sur la gauche. Ralenti. D’un geste sec Cody fait grincer le frein à main, la voiture lève du cul. On entend un air de blue grass sortant de la cage de verre, ça voudrait repeindre ce coin sinistre d’une couleur gaie. Sans doute. À l’instant où Cody ouvre la portière et pose un pied dehors, un bahut vionze à toute vibure sur le ruban d’asphalte gris. Souffle, grosse bouffée de poussières. Air bousculé un temps, un temps plus tard la poussière retrouve sa place. Clarté des choses. Le silence revient. Comme le crincrin de la musique. Mortel. Cody se dresse et se dirige à l’arrière. - Tu tètes comme une vrai garce. Faut vraiment que je t’aime, dit-il en tapotant l’aile de sa Cadillac. » Difficile de faire plus « road-movie » que ce Scarelife, qui suit Varell dans son grand périple à travers les Etats-Unis. Max Obione donne beaucoup de rythme à son roman en optant pour des phrases courtes, souvent nominales, voire composées d’un seul mot, qui claquent comme un coup de fouet mais ne sont pas dénuées d’une certaine poésie. Différentes voix se font entendre au fil du récit. On suit tantôt Varell, qui nous raconte son périple à la première personne, tantôt Herbie Erbs, un policier qui malgré sa petite taille a une grande dent contre Varell. Ce dernier, exsudant la frousse, fuyant on ne sait trop quoi, n’est pas sans rappeler le personnage principal de Trouille, le roman de Marc Behm. Sa paranoïa aiguë, ou autre chose, le pousse à commettre divers crimes au cours de son périple, et cet aspect de l’intrigue n’est pas sans rappeler Cormac McCarthy et son No Country for Old Men. On ne comprend les motivations de Varell à rejoindre son père que dans les toutes dernières pages, où les rebondissements se succèdent. « Ce matin là, j’aimerais tant être ailleurs. Mal à déglutir ma propre salive. Un goût de sang. Effort pour avaler une gorgée de café. Putain de coulée de lave dévalant dans mon estomac. Les yeux rouges de la peur, les yeux rouges de la peur. Les yeux du Père. Les yeux du Nain. Les yeux du Poursuivant. Jamais. Je croyais m’en être débarrassé, je croyais l’avoir crevée cette peur ; je croyais que le temps avait dressé un obstacle infranchissable entre elle et moi, que ma peau s’était bardée d’un cuir épais. Insensible. Je l’avais bernée, plus malin qu’elle ? Jamais. » Scarelife est aussi un véritable hommage de l’auteur au roman noir américain. On commande à Varell le scénario d’un biopic sur David Goodis, dont on peut lire certains passages. Max Obione ne se prive pas d’utiliser certains classiques du genre : les belles femmes peuvent bien sûr être dangereuses, et Cody, un vieux Noir qui décide d’aider Varell dans sa quête, joue de la trompette comme un dieu. L’auteur fait même référence au roman noir américain actuel, en parlant de Craig Johnson dans son texte – c’est dire s’il a bon goût ! Scarelife est au final un polar sombre et efficace doublé d’un hommage au roman noir où l’écriture soignée de Max Obione fait mouche.

Jeanne Desaubry a lu Scarelife (sur son blog)

Le roman de Max Obione raconte l’errance mortifère d’un ex taulard au travers des Etats-Unis, en suivant une diagonale qu’il va parsemer de cadavres comme autant de témoignages de son inadaptation. Scénariste, il traine avec lui un cahier remplis de flash racontant la vie de Goodis. Son pire ennemi est privé nain, « mini cop », qui le poursuit avec une invraisemblable haine recuite.

L’univers de Max Obione est proche du rêve mais pas vraiment, pas plus qu’il n’est réaliste. Le style y est souverain, car le rythme imprimé amène l’histoire à pulser dans l’esprit du lecteur, entre blues et rock. Roman collage, roman rageur et désespéré, personnages abimés et touchants, épaves qui se télescopent, même la poésie s’y retrouve.

J’espère très fort que les membres du 813 ne se laisseront pas couler dans le moule dessiné pour eux par le marketing, qu’ils oseront une plongée dans un univers différent, et je les envie d’avoir devant eux cette découverte-là.

André Jacques a lu Scarelife (Revue Alibis – été 2010 – Québec – Site de la revue )

Dans son numéro 35, la revue Alibis vient de publier un article sur mon dernier roman Scarelife sous la plume d’André Jacques. Cette revue est publiée au Canada, au Québec plus exactement, depuis 2001. Alibis est la première revue québécoise entièrement consacrée à la littérature policière, au mystère, au noir et au thriller. Comme un air de jazz écorché dans la nuit On connaît mal le polar français actuel. Submergés par les traductions de polars américains, britanniques ou scandinaves, on s’intéresse peu à ce qui s’écrit dans l’Hexagone, à l’exception des romans de quelques « vedettes » (Fred Vargas, Jean-Christophe Grangé, Caryl Férey). Et pourtant, il se fait chez nos cousins, une littérature noire fort intéressante. C’est le cas de Scarelife de Max Obione, un roman qui, sous des allures de petit pulp de série B, présente une grande profondeur et une étrange complexité. On y raconte d’abord l’histoire de Mosley J. Varell, un ancien détenu libéré sur parole qui coule des jours remplis d’ennui au fin fond du Montana. Pour gagner sa croute, il travaille à quelques scénarios minables pour un vague producteur hollywoodien. Puis un jour, il reçoit une lettre de son père, une lettre écrite à l’encre bleue qui le met immédiatement en transe. Le vieux, qu’il déteste depuis l’enfance, lui demande de venir le voir une dernière fois. Alors s’amorce une longue traversée du cœur de l’Amérique, un périple du Nord au Sud, du Montana à la Louisiane. Une traversée par la route, car Varell souffre de la phobie de l’avion. Traversée sanglante aussi, semée de cadavres et de drames. Parallèlement à ce premier récit, raconté à la première personne, apparaît peu à peu en contrepoint un second récit : celui d’Herbie Erbs, ancien détective de Los Angeles qui a autrefois fait incarcérer Varell et qui lui voue une haine pathologique. Dès qu’il apprend que Varell a brisé les conditions de sa libération, il se met en chasse et le suit à la trace comme un chien renifleur. Et tous deux convergent vers le même point : la maison du vieux Varell. La double intrigue est aussi parsemée d’extraits du scénario que Mosley Varell écrit pour son producteur hollywoodien. On lui a en effet commandé le texte d’une biographie filmée (une biopic) de l’écrivain David Goodis. Cet écrivain américain, né en 1917 et mort en 1967, est aujourd’hui presque oublié aux États-Unis, mais il jouit encore d’une forte réputation en France où plusieurs cinéastes ont adapté ses romans (notamment La Lune dans le caniveau dont Beneix tira un film remarquable). Goodis demeure toutefois, avec Hammett et Chandler, l’un des grands noms de la période historique du pulp. Récit donc assez complexe où les niveaux de narration se télescopent les uns les autres. Récit noir, d’un noir d’encre, mettant en scène des personnages tous plus hachés par la vie et plus déjantés les uns que les autres. Des écorchés à l’image des mains de Varell qu’il doit toujours protéger par des gants, car une maladie en ronge la peau. Ici, pas de beau jeune premier, pas de blonde adipeuse, pas d’enquêteur à la Jack Bauer, héroïque et éternellement victorieux. Tous les destins sont sans issue, presque tous les personnages sont voués à une fin violente. Cet aspect tragique des personnages est l’une des grandes forces de Scarelife. L’autre force de ce récit multiple, c’est la description de cette Amérique profonde que le « héros » traverse. Une Amérique d’aujourd’hui violente, raciste, red-neck, perdue au bout de routes sans fin parsemée de villages vides et sans âme. L’Amérique pauvre de ces maisons à la peinture écaillée et aux vitres brisées. L’Amérique des enfants sales et débraillés. Dans cette longue odyssée, on sent que l’auteur a voulu rendre hommage à Jack Kerouac, le père du road novel. À lire donc pour cette vision, certes un peu mythique, de l’Amérique, mais aussi et surtout pour l’écriture et le style. Un style parfois sec et haché où percent de belles montées lyriques. Un style qui incontestablement nous rappelle les brisures et les montées nocturnes du jazz. Pour amateurs de noir absolu, de bourbon et de trompettes écorchées. André Jacques, mai 2010.

Etienne Borgers a lu Scarelife (polar noir – mars 2010)

Roman hommage qui ne se lance pas dans le pastiche aveugle, Scarelife reprend beaucoup des thèmes majeurs du naturalisme américain dilué dans le roman noir de la grande époque aux USA; ce roman est aussi, par sa construction et le thème de la destinée inéluctable qui y est développé en détail, un hommage non déguisé, et souvent direct, à David Goodis, un des grands du roman noir désespéré. On y suit le périple de Mosley Varell, psychopathe ayant fait dix années de prison pour meurtre, qui, subitement, se sent obligé de retrouver son père. Sans beaucoup de ressources, ce sera un vrai road-novel qui s’en suivra, le trimard, d’un coin perdu du Montana vers Rochelle en Louisiane, autre bled au milieu de nulle part. Itinéraire difficile, pleins de pièges, qui replongera Mosley dans une suite de meurtres crapuleux face à ses obsessions et à ses démons. Lui qui vivait chichement d’expédients littéraires pour des émissions TV de seconde zone, avait pourtant commencé à mettre sur papier l’œuvre de sa vie : un scénar de biopic sur David Goodis, l’écrivain souvent paumé, toujours à la recherche d’alcool, de musique et de femmes faciles. Grosses et noires de préférences. Mais un diable d’écrivain… Un foutu bon scénar que Mosley essayait de continuer. En dehors de la violence, de la malchance et des ennuis sans fin dans lesquels Mosley a l’art de se fourrer à tout bout de champ, il y a aussi ce nabot, ce flic frustré de n’avoir pu le faire griller sur la chaise pour tous les meurtres qu’il sait que Mosley à perpétrés jusqu’à son embastillement qu’il juge d’une durée dérisoire face au pedigree du meurtrier. Obstiné, dangereux Herbie Erbs, dit Le Nain, ne lâchera plus la piste fraîche de Mosley. Jusqu’au bout de la route sanglante, jusqu’au rendez-vous de Mosley avec son effroyable destin. Roman noir aux accents désespérés, Scarelife bénéficie de la souplesse d’écriture de Max Obione qui sait plier avec subtilité son récit à ses exigences de construction et de style, le tout pour servir admirablement les buts poursuivis et les atmosphères réalistes qu’il met en place. Un hommage à cette littérature noire de qualité des années 50 à 70, comme nous l’avons déjà souligné, mais sans servilité. Avec sans doute une première : un serial killer psychopathe, primaire et torturé, vivant de l’écriture. Et une fin en forme de tiroirs, digne du restant. Inconditionnels du récit linéaire et conventionnel : s’abstenir. Les autres : régalez-vous ! (©) Copyright 2010 E.Borgers

Jean-Marc Laherrère a lu Scarelife (actu du noir – mars 2010)

Max Obione on the road again. Le roadmovie, ou plutôt ici le roadbook est bien entendu une spécialité américaine. Cela n’empêche pas les petits français de s’y essayer. Et même de s’y essayer avec talent et succès. Ce qui donne, par exemple, Scarelife de Max Obione. Mosley J. Varell végète auprès de son épouse aigrie dans le Montana. Il a passé 10 ans en prison, accusé de meurtres (qu’il a commis) et survit en écrivant des scénarii pour des séries télé imbéciles. Il a également en train un projet qui lui tient à cœur : le scénario d’un film sur la vie de David Goodis. Jusqu’à ce qu’une lettre de son père, le monstre de son enfance, le tire de sa tanière et le lance sur les routes, direction la Louisiane. Sur ses traces le Nain, ancien flic qui l’avait fait arrêter et qui est persuadé qu’il a beaucoup plus de morts sur la conscience. Et sur sa route, effectivement, les cadavres ne tardent pas à fleurir. Comme je l’écris en introduction, Max Obione est bien un écrivain français. Pourtant son roman est un roadbook 100 % américain. Et il marche. Au rythme de Mosley et des morts qu’il sème sur la route. Sans le moindre état d’âme. Il faut dire qu’en général, ils l’ont bien cherché. Un roman qui se déguste sourire aux lèvres, comme un hommage aux grands espaces, à une foule de films et de bouquins qui nous ont tous fait rêver (même si, à part la référence ouverte à Goodis et le nom du héros, je n’ai reconnu aucune citation directe). Tous les cinglés qu’on s’attend à croiser dans ce genre d’exercice sont au rendez-vous. Un plaisir. Si vous aimez le bon cinéma et les bons bouquins américains, si vous aimez David Goodis, vous aimerez Scarelife. Avec en prime une jolie conclusion en forme de clin d’œil.

Yann Le tumelin a lu Scarelife

La balade sauvage de Max Obione. Si les bons vieux road-movie/story ont souvent besoin d’espaces (américains), il n’y a aucune raison pour que ce soit toujours un yankee qui nous trace la route, et à ce titre Max Obione s’en tire très bien dans son dernier roman, un Scarelife nerveux et tranchant à souhait.Libéré sur parole après 10 ans de prison et une condamnation pour meurtre, Mosley Varell vivote dans un coin paumé du Montana, en compagnie de Tana, une ancienne actrice de soap au sale caractère et qui « gonfle, boudine, boursoufle, déborde de partout ».Question carrière, Mosley n’a rien à lui envier. Hormis un biopic pour un projet de film sur l’écrivain maudit David Goodis, c’est un scénariste raté de dessins animés débilitants.Bref, la vie s’écoule paisible comme un torrent de boue entre ces « deux solitudes que la vie ne console pas de ce qu’ils sont devenus ». Jusqu’au jour où Mosley reçoit une lettre à l’encre bleue, une lettre de son salaud de père. Peut-être parce qu’il faut bien faire face à ses démons, il fait son sac, quelques fringues et plusieurs paires de gants de soie pour protéger ses mains purulentes – un eczéma particulièrement virulent – et s’en va pour le Sud.Des démons, Mosley en a aussi pleins la tête et ne va pas tarder à leur céder du terrain. De Missoula à La Nouvelle-Orléans, il entame un road-movie sanglant et sans espoir de retour.Sur son chemin de croix, il va croiser pas mal de monde et donner l’extrême-onction à quelques-uns, persuadé de bien faire d’ailleurs, comme avec cet ancien combattant infirme dont il vient de se taper l’épouse ou ce routier avec son chargement de bibles qui n’arrête pas de le bassiner avec ses bondieuseries.Un vrai samaritain ce Mosley. Le coeur sur la main et une bonne giclée de sang par-dessus ! Pas désagréable pour autant, un brin d’humour, avenant et toujours prêt à dépanner son prochain (j’ai beaucoup pensé à Martin Sheen et à « La Balade sauvage » de Terence Malick). Sauf que ce n’est pas l’avis d’Herbie Herbs, dit le « Nain », un flic qui l’a arrêté il y a bien longtemps mais ne s’est jamais remis de la clémence des juges envers son ennemi personnel. La chasse commence, et le territoire est immense. Alternant différents récits – la traversée américaine de Mosley (qui fait figure de narrateur), la croisade d’Herbie le nabot et les extraits d’un biopic sur David Goodis (j’ai particulièrement aimé ces pages et ces scènes imaginaires, d’autant plus qu’on ne sait pas grand-chose de cet écrivain et de ses escapades) -, Max Obione emprunte aux mythologies américaines pour un chouette (mais trop court !) moment de lecture, dans une ambiance poisseuse – à la Goodis – et poissarde en compagnie d’un clochard céleste psychopathe.En passant, il nous fait aussi le coup de « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours », puisqu’il nous parle d’un homme qui raconte la virée d’un autre qui raconte les virées d’un David Goodis… Ultime pirouette d’un roman enlevé qui fait défiler le bitume à 100 à l’heure et se lit d’une traite. Un bon p’tit polar, comme on dit. Et même un peu plus que ça. Conseil(s) d’accompagnement : même s’il est plus sombre et moins burlesque, Scarelife m’a fait penser par certains aspects au roman de Rich Hall, Otis Lee Crenshaw contre la société. L’occasion de vous recommander une fois de plus ce formidable roman paru il y a quelques semaines aux éditions Rivages.(sur Moisson noire – mars 2010)

Claude Le Nocher a lu Scarelife

[...]Cette noire road-story s’affiche comme un hommage au romancier David Goodis, apôtre de la fatalité, du destin inéluctable attirant ses victimes vers le pire. La vie du héros de “Scarelife” a été marquée par de sombres épisodes, à l’image de celle de Goodis, qui en tira des scènes fortes. Mosley J.Varell n’est pas un tendre, mais il manque de ce cynisme qui lui permettrait de maîtriser sa vie. S’il élimine quelques nuisibles (selon ses critères), rien de glorieux dans ses actes. D’ailleurs, il traverse plus qu’un autre des moments difficiles. Son adversaire policier, belle caricature du flic disgracieux et teigneux, n’est pas plus chanceux. Cette histoire respecte un certain nombre de codes du roman noir. Par exemple, aucune des femmes croisées par le héros n’a vocation à le sauver. Et l’on devine que c’est une fuite en avant qui ne peut se terminer en “happy end”. Un roman dans l’esprit de ces “black novels”, qui nous rappellent qu’aucun d’entre nous ne sortira vivant de cette curieuse expérience qu’on nomme la vie…(Rayon du polar – Action-suspense – mars 2010)

Marc Meneguz a lu Scarelife

[...]Une chose est sûre, l’écrivain français Max Obione excelle dans le roman noir, et c’est un pur bonheur de découvrir ce dernier né, publié en 2010 aux Krakoen, qu’est le roman Scarelife et qui décrit la folle escapade meurtrière d’un homme paumé partant à la rencontre de son passé, un passé fait de violence et de brutalité. Le tout est écrit dans le modèle du roadmovie à l’américaine, qui, dans un montage savant entre l’odyssée de Mosley, son scénario sur David Goodis et la traque du Nain, entraîne le lecteur dans un tourbillon de folie, de violence et de noirceur droit vers les enfers et dont personne sortira indemne. Pur noir, ici il n’y a guère de compassion ni de remords : Mosley tue, c’est dans sa nature, et parfois c’est pour la bonne cause, du moins c’est ce qu’il croit. Court, concis et servi avec le style inimitable de l’auteur, le roman fait l’effet d’une bombe et emporte le lecteur d’un bout à l’autre dans cette passionnante et terrible descente aux enfers. Scarelife est un roman noir parmi ce qui se fait de mieux. Incontournable pour tous les amateurs du genre ! (Article publié sur l’excellent et très complet site belge Bibliotheca – mars 2010)

Paul Maugendre a lu Scarelife

[...]Max Obione excelle dans ses histoires, forcément noires, et ce nouvel opus ne déroge pas à cette règle. La road story de Mosley s’inscrit dans l’une de ces réussites qui prouvent que les Américains n’ont pas l’apanage de ce genre d’histoires, et qu’il n’est nul besoin de s’échiner sur 800 pages et plus pour construire une histoire prenante, épurée presque, aussi bien dans l’écriture du récit que dans les dialogues. Un style solide qui parfois s’apparente au staccato d’une mitraillette. Avec des personnages croqués en quelques lignes qui se suffisent. Max Obione offre aux lecteurs quelques bonus, dont les pages extraites du scénario sur David Goodis, scénario qui pourrait être un calque de la vie de Mosley dont on n’apprend qu’à la fin sa motivation à entreprendre un voyage retour vers le père honnit. Mais comme si l’épilogue ne se suffisait pas à lui-même, l’auteur en ajoute un second, qui complète le premier et le transcende. Un véritable plaisir de lecture.

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