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Traité de balistique pour atteindre le plein coeur de la cible noire.

 

 Balistique du désir

 préface de Marc Villard, couverture de Joe G. Pinelli

21 nouvelles rassemblées, la majorité inédites

Krakoen, broché 13x21, collection "Court-lettrages", 252 pages, 13€

ISBN 9782916330242

sortie 2007

 

Pour le commander, s'adresser directement à Max Obione : mobione@free.fr

 

Evénements :

 

Voir Sur smartphone à la rentrée

 

Voir Max Obione, nouvelliste

 
Lire Ma nuit avec Max... de Delphine Moreau

Ecouter Le petit légume, lu par Constance de Bock


 

Préface de Marc Villard

Manières fugaces

Quand je rédigeai ma première nouvelle, j'ignorais qu'il s'agissait d'une nouvelle. Je débarquais de la poésie et le roman était fort impressionnant. Du coup, j'ai fait court. Comme j'avais envie de me distinguer, j'ai supprimé la ponctuation. Une sorte de salut, à travers le temps, au Tel Quel époque Sollers mais ce détail sémantique compliquait la lecture, s'agissant d'une fiction. D'ailleurs, Michel Lebrun me le fit remarquer quand parut mon premier recueil. Quelque temps plus tard, je compris que si j'écrivais court ce n'était pas par choix esthétique mais par obligation. J'ai toujours éprouvé des difficultés pour délayer, décrire dans le détail le type qui ferme sa porte, essuie ses pieds sur le paillasson, pose son parapluie, appelle son épouse, suspend son imperméable et qui, après trois pages de sornettes identiques, décide que la jeune morte sur laquelle il enquête n'a , finalement, pas trop souffert. La poésie m'a également habitué à resserrer, à dégraisser, à préserver l'os au détriment de la vulgaire barbaque.
La nouvelle, c'est tout le contraire d'un roman en réduction. On ne s'installe pas, on ne rédige pas l'historique des principaux protagonistes avant de passer aux choses sérieuses. Non, il faut rentrer dedans, à l'arrache et, éventuellement, fournir des renseignements au compte-gouttes. Ceux qui sautent une ligne sont perdus, tant mieux.

Pierre Michon prétend qu'il n'écrit pas de nouvelles mais des récits. Le côté fiction obligatoire, la chute, le résolutif, ça l'ennuie. Il a raison mais dans le polar nous sommes quand même obligés de composer avec ces contraintes formelles au risque de fâcher les lecteurs.
James Ellroy affirme que la nouvelle noire est un art à l'intérieur d'un art. C'est une belle définition, l'art de la nouvelle comme disent ceux qui n'en lisent pas.
Cela étant, le lecteur est toujours le même. Il vient du roman, la plupart du temps, et accepte de se laisser séduire par un texte court, mais ça doit « fonctionner ». On ne nous passe rien, surtout pas l'ennui. J'ai décidé de camper dans le texte court et, de temps à autre, des écrivains me rejoignent le temps d'un recueil. Aujourd'hui, il s'agit de Max Obione. Je ne sais pas ce qu'il lui prend, il était peinard, pourtant, avec ses romans noirs mais l'appel du vide semble le plus fort. On trouve quoi, chez Max ? Plutôt des récits que des nouvelles (voir plus haut). Les textes sont souvent écrits à la première personne, ce qui peut sembler facile mais se révèle un piège si l'on veut investir la fiction réelle et s'écarter des divagations du « je » de l'autofiction. Pas mal de monologues intérieurs, peu de dialogues et une tendance à l'oralité. Dit-il ses textes avant de les finaliser ? On les sent dans les starting blocks, prêts à être déclamés. Alors, je vous propose ceci : vous lisez ce livre à voix haute. Ça tient la route. La nouvelle est une vieille dame indigne : elle se donne à vous, mais ça se mérite.

Marc Villard - 2007 

 

 


Sommaire

1.    Le petit légume, page 13
Une gamine et son grand frère infirme passent un pacte criminel.

2.    La peau des femmes, page 23
Un médecin chef psychiatre captivé par les écrits d'un psychopathe criminel succombe à la tentation d'être caressée par lui.

3.    L'insecte, page 35
Un privé, chargé de photographier les ébats d'un couple en flagrant délit d'adultère, s'émeut de l'agonie d'un insecte avant de la partager.

4.    Les gnons, page 47
Une femme battue attend le retour de son mari alcoolique qui n'a pas bu ce soir-là.

5.    Le pont, page 57
Durant le pont du Quinze août, un tueur appelé au chevet de sa mère mourante prend des dispositions pour augmenter la statistique de mortalité caniculaire.

6.    Ankylose, page 67
Un adolescent éconduit par l'amie de sa mère puise dans Stendhal les raisons de se venger.

7.    Poisoned town, page 81
Les affres tragiques d'une fan du rocker rouennais Dominique Laboubée, leader des Dogs.

8.    Argile chaude, page 91
Un grand écrivain en panne d'inspiration résiste en vain à la pression de son éditrice.

9.    La chambre bleue, page 103
L'endormissement impossible d'un historien de la civilisation chinoise le conduit à la pire extrémité.

10.    Le pied de Jeanne, page 113
Une détective réagit aux grasses plaisanteries d'un amant occasionnel, objet de son enquête.

11.    Joseph n'ira pas au Paradis, page 127
Une douanière séquestre un clandestin pour en " disposer " à sa guise.

12.    Mon gun, page 139
Un souteneur découvre à ses dépens que l'ambition commerciale peut être mortelle.

13.    Mise en abîme, page 151
La lecture savante de la photo énigmatique d'une scène de crime n'est d'aucune utilité au commissaire de police.

14.    Les tourments de M. Grauman, page 161
Un scientifique de renom  découvre la vraie nature de sa sexualité en repoussant les avances d'une admiratrice entreprenante.

15.    Myriam trouble, page 175
Une jeune femme administre une leçon d'histoire à un négationniste.

16.    La vraie nature de Paulette, page 187
Un vieux radin troublé par la dentition gâtée de sa jeune voisine défend son magot.

17.    Tranx, page 201
Un malade mental s'énerve, l'infirmière a tort de ne pas l'écouter.

18.    La saignée, page 207
La naissance de la carrière criminelle d'un fétichiste fasciné par les genoux de l'épicière.

19.    Dans l'os, page 217
Le coup de foudre peut être un coup fatal, un dealer l'apprend à ses dépens.

20.    Destin de Bobbie, page 223
La déposition d'un assassin de 12 ans qui aimait la chienne de son grand père.

21.    Caramel dur, page 235
La mère d'une victime de la route tend un piège au motard ayant causé l'accident.

 


Revue de presse

 

Yves Gitton a lu Balistique du désir (in revue Crossoad février 2008)

 

Une fine gâchette

L'art de la nouvelle est très exigeant. Économie du style et choix méticuleux des mots, pas question de se répandre en descriptions et sentiments alourdissants, la nouvelle est l'antidote providentielle à l'autofiction, qui gonfle les nombrils de ces indéboulonnables névrosés qui nous recyclent, ad nauseam et à langueur de chapitres, leurs soucis minuscules et leurs listes de courses. Écrire des nouvelles, c’est se soumettre à une urgence, à des impératifs. Pas le temps de ressasser ses souvenirs ou de grattouiller le museau du chien-chien, que, déjà, une flaque rouge grandit sur le carrelage citronné de la kitchenette.

Comme le rappelle Marc Villard, dans sa préface à Balistique du désir,  à resserrer,  un recueil de nouvelles, ou plutôt de courts récits, de Max Obione, la poésie apprend  " à dégraisser, à préserver l'os au détriment de la vulgaire de barbaque."

Aujourd'hui, Max Obione se lance dans l'écriture de textes courts. Des récits, avec peu de dialogues. Ses personnages ne bavardent pas. Ils agissent, réagissent ou encaissent. Les infirmes, les frustrés, les victimes se vengent. Les professionnels dérapent, submergés de pulsions trop longtemps dissimulées. Ils monologuent, fomentent et s'interrogent. Du petit légume, en passant par les affres tragiques d'une fan d'un célèbre rocker rouennais, jusqu'à cette douanière kidnappeuse, tous, blindés de certitudes et de conventions, finiront par se faire flinguer. Nul n'échappe à la Balistique du désir, Obione est un athlète complet : romans, nouvelles, à n'importe quelle distance, sa ligne de mire ne tremble pas.

 


 

Delphine Moreau a lu Balistique du désir (Figaro magazine du 12 janvier 2008)

Le Figaro Magazine du samedi 12 janvier 2008 publie un articulet sous la signature de Delphine Moreau sur Balistique du désir de Max Obione.

 


 

Claude Mesplède a lu Balistique du désir (Revue Options, novembre 2007)

Balistique du désir, de Max Obione, recueil au titre singulier, vous propose vingt et une histoires d’une rare noirceur, à commencer par Le petit légume qui entame ce florilège de textes où sont expérimentées de nombreuses variations criminelles au cœur desquelles les enfants ont perdu toute naïveté. Comme l’écrit dans sa préface Marc Villard évoquant Max Obione : « Je ne sais pas ce qu’il lui prend, il était peinard pourtant, avec ses romans noirs » , et de conclure :  « Vous lisez ce livre à voix haute. Ça tient la route. La nouvelle est une vieille dame indigne : elle se donne à vous, mais ça se mérite. » Et ce recueil est excellent.

 


 

Patrick Galmel a lu Balistique du désir (sur Pol'art noir  - novembre 2007)

Vingt et une nouvelles. Vingt et un morceaux de choix…
L'écriture est sèche, épurée, dégraissée, visant l'essentiel. Max Obione pratique le texte court avec un vrai bonheur ; quoique "bonheur", dans ce recueil, ne soit sûrement pas le terme consacré tant il se dégage une impression de noirceur à la lecture.
Qu'ils soient flic, privés, tueurs, ou simples quidams, les personnages croisés ne naviguent pas en pleine lumière ; leurs âmes et/ou leurs environnements sont bien sombres.
Pour autant, même si l'auteur joue avec un certain malaise qu'il crée par ses situations, tous ses "acteurs" nous sont au fond assez proches. D'où cette impression de malaise, sûrement.
Max Obione joue avec les désirs, parfois malsains, dans une étude clinique d'une redoutable efficacité. Il multiplie les regards et modifie son style selon l'approche, sans jamais se désunir. La cohérence vient de l'ensemble. L'homme… Le Mal… Mais on savait déjà que Max Obione avait le regard noir…

 


 

Jean-Marc Laherrère a lu Balistique du désir (sur son blog - novembre 2007)

Une gamine venge son frère handicapé de ce que lui fait subir l’amant de leur mère ; un psychiatre succombe à l’attrait vénéneux d’un psychopathe poète ; une femme battue ne supporte pas que son bourreau puisse être heureux ; des gamins tuent, par ennui ou par vengeance ; une privée se venge de ceux qui se moquent d’elle ; une jeune femme ne supporte plus l’impunité des négationnistes ; l’ambition professionnelle est fatale à un vieux mac …

Vingt et une nouvelles sèches comme des coups de trique. Vingt et un monologues de flics, privés, dealers, maquereaux, paumés, accidentés, gamins tueurs … Vingt et un bouts de vies qui s'arrêtent de façon aussi définitives et sans appel que le style de Max Obione. Vingt et une voix, Vingt et un styles.

Max Obione est assurément très très à l'aise dans le texte court. Pas une nouvelle qui ne soit parfaitement rythmée et construite. Pas une seule dont on puisse dire qu'elle est là pour faire nombre, pour compléter le recueil. Pas une faiblesse.

Tout se tient, tout tient en haleine, tout fonctionne à la perfection. Bien entendu, chacun aura ses préférées, et celles qui le laissent un peu plus froid. Ecriture au cordeau, grand sens de la chute, construction millimétrée, variété des points de vue et des voix narratrices … Ce recueil a vraiment tout pour plaire.

 


 

Jan Thirion a lu Balistique du désir (sur la liste 813, novembre 2007)

Où se niche la frontière entre nouvelle et roman ? On cherche, on se casse les dents, alors qu'il suffit, au bout d'un récit, qu'il soit court ou non, d'arrêter de lire pour que l'histoire se prolonge. Chez certains auteurs, le point final n'est pas le terminus où tout le monde descend, surtout dans l'art de la concision où tout n'est pas dit, mais suggéré, où des ramifications souterraines vont surprendre et surgir au-delà des limites d'une pagination réduite.

Max Obione fait partie de cette catégorie d'auteurs qui s'occupent plus d'accompagnement émotionnel que de mécanisme d'horlogerie bien calibré avec début et fin façonnés pour plaire à l'amateur de frissons pur et dur. Pourtant, dans "Balistique du désir", tout est présent, les personnages, les frictions, la tension progressive et l'acmé sous forme de chute irrésistible, tout est en place pour satisfaire le mordu de one shot rapide, mais la manière, invisible comme il se doit à la lecture, donne de la profondeur aux gouffres ouverts sous les mots.

On ne citera pas d'écrivains, vivants ou morts, qui ont ce sens de l'analyse humaine chevillée à leurs fictions. Pas de name dropping pour faire rougir. A pas de loup, discret metteur en scène et joaillier des âmes noires, Max Obione entre dans cette famille, un point c'est tout. Non, disons plutôt trois points de suspension...


 

Etienne Borgers a lu Balistique du désir (Polar Noir - novembre 2007)

Les « 21 histoires » de ce recueil sont noires. Certaines très très noires,  mais ce qui lie ces nouvelles c’est sans aucun doute le talent de conteur de Max Obione. De conteur et de nouvelliste. Ici, les nouvelles sont toutes de la mouvance du noir policier, au sens étendu que ces termes peuvent prendre pour un public francophone, et la plupart d’entre elles happeront le lecteur dès les premières phrases.
Enfances dévoyées, onirismes de cauchemar, émotions mortes de psychopathes qui s’ignorent, survivants plus blêmes que la mort, et j’en passe, servent ces courts récits faits souvent à la première personne. En quelques pages, ces chroniques de la mort assurée, racontées sur un ton détaché,  vous mènent droit vers vos pires angoisses. Le tout servi par un style élaboré mais dense qui en renforce l’impact.
Marc Villard, dans la préface de ce volume, nous rappelle que James Ellroy considère que la nouvelle noire est un art à l’intérieur d’un autre art ;  si quelqu’un l’a parfaitement compris, c’est bien Max Obione. Il nous fourni dans Balistique du désir  des tranches d’histoires qui se suffisent à elles-mêmes, suite d' instantanés du désastre saisis au vol jusqu’à leur final macabre et noir. Pour chacune d’elles, en une dizaine de pages tout est dit.

Le petit légume  mêlant horreur et surréalisme noir est certainement un des fleurons de ce recueil, tout comme l’horreur glaciale de l’exemplaire et ultra-noir  Destin de Bobbie .
Je me dois de citer aussi :  L’insecte  à l’écriture impeccable et behaviouriste,  Le pont  et son misérabilisme existentiel,  Mon gun   avec son langage imagé au  ton audiardesque pour un récit baignant dans l’humour noir, La saignée  et son rationalisme noir de l’enfant qui se découvre une vocation de psychopathe.
D’autres nouvelles mériteraient que je m’attarde, mais je préfère  laisser au lecteur la découverte de ce recueil blême et percutant.
Un recueil par lequel Max Obione fait mouche, en plein dans le cœur noir de la cible.
Recommandé !

 


 

Claude Le Nocher a lu Balistique du désir (Rayon du polar - novembre 2007)

Le petit légume : une gamine et son grand frère infirme passent un pacte criminel. La peau des femmes : un médecin-chef psychiatre captivé par les écrits d’un psychopathe criminel succombe à la tentation d’être caressée par lui. L’insecte : chargé de photographier les ébats d’un couple en flagrant délit d’adultère, un privé s’émeut de l’agonie d’un insecte avant de la partager. Les gnons :  une femme battue attend le retour de son mari alcoolique, qui n’a pas bu ce soir-là. Le pont : durant le pont du 15 août, un tueur appelé au chevet de sa mère mourante augmente la statistique de mortalité caniculaire. Ankylose : un adolescent éconduit par l’amie de sa mère puise dans Stendhal les raisons de se venger.  Poisoned town : les affres tragique d’une fan du rockeur rouennais Dominique Laboubée, leader des Dogs. Argile chaude : un grand écrivain en panne d’inspiration résiste en vain à la pression de son éditrice. La chambre bleue : l’endormissement impossible d’un historien de la civilisation chinoise le conduit à la pire extrémité. Le pied de Jeanne : une détective réagit aux grasses plaisanteries d’un amant occasionnel, objet de son enquête. Joseph n’ira pas au Paradis : une douanière séquestre un clandestin pour en disposer à sa guise. Mon gun : un souteneur découvre à ses dépens que l’ambition commerciale peut être mortelle.

 Mise en abîme : la lecture savante de la photo énigmatique d’une scène de crime n’est d’aucune utilité au policier. Les tourments de M.Grauman : un scientifique de renom découvre la vraie nature de sa sexualité en repoussant les avances d’une admiratrice entreprenante. Myriam trouble : une jeune femme administre une leçon d’histoire à un négationniste. La vraie nature de Paulette : un vieux radin troublée par la dentition gâtée de sa jeune voisine défend son magot. Tranx : un malade mental s’énerve, l’infirmière a tort de ne pas l’écouter. La saignée : la naissance de la carrière criminelle d’un fétichiste fasciné par les genoux de l’épicière. Dans l’os : un dealer apprend à ses dépens qu’un coup de foudre peut s’avérer fatal. Destin de Bobbie : la déposition d’un assassin de douze ans qui aimait la chienne de son grand-père. Caramel dur : la mère d’une victime de la route tend un piège au motard ayant causé l’accident…

  Un texte court se doit d’être percutant, d’exprimer immédiatement sa force. Captiver vite, en présentant images justes et portraits précis, tel est l’enjeu de la nouvelle. Ayant choisi la noirceur, Max Obione ne tergiverse pas. Dans Les gnons, la violence sourde de cette femme honteuse de son sort finit par jaillir en un seul geste. Destin de Bobby, c’est la vengeance impitoyable d’un enfant. Dans Poisoned Town, le désespoir est intégral. Dans Le pied de Jeanne, sexe insolite et mort brutale vont de pair. Quand on pousse un coup de gueule, on ne s’excuse pas d’élever la voix ; lorsqu’on écrit noir, cynisme et fatalité, amertume et dureté, haine et mort, sont des ingrédients incontournables. Ce que nous démontrent ces 21 textes, tous passionnants, souvent déroutants.

 


 

Joël Jégouzo a lu Balistique du désir (Noircommepolar - octobre 2007)

Les éditions Krakoen publient un recueil des nouvelles de Max Obione. Une récollection en fait, de nouvelles inédites et d’autres plus anciennes, éditées déjà ici et là, chez Krakoen ou dans d’autres publications. Le genre d’ouvrage qui donne l’impression de combler un passage à vide éditorial, ou d’annoncer une fin de carrière. Souhaitons qu’il ne s’agisse ni de l’un, ni de l’autre : l’expérience éditoriale inaugurée par Krakoen mérite toujours que l’on s’y arrête, et Max Obione qu’on le suive dans de nouvelles aventures policières. 21 histoires donc, parmi lesquelles le lecteur retrouvera l’excellent "Poisoned town", édité dans "Stories of the Dogs", où il prenait toute sa place. 21 histoires ni aussi violentes, ni aussi noires que voudrait nous le faire croire la quatrième de couverture, et c’est très bien comme ça : la tonalité d’ensemble est ainsi plus subtile, révélant une qualité d’écriture dont l’horizon est moins l’artifice de la question du Mal que l’appel du désir d’écrire, le plaisir du récit ouvrant sous la plume de Max Obione à de belles empreintes nostalgiques, comme dans "Ankylose" avec son parfum de sixties exhalé du désir frustré d’un adolescent éconduit.

 

 

 

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