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w9782916330815Dans le mille ! 18 impacts ! 18 nouvelles atteignant toutes le cœur de la cible noire… Décidément Max Obione n'y va pas de main morte. Main alerte au demeurant pour vous trousser une histoire en quelques pages d'une noirceur étincelante. Maniant tour à tour grand style et écriture canaille, ce conteur sulfureux est un dangereux récidiviste. Il a déjà commis Balistique du désir ayant fait de nombreuses victimes. Tour à tour, cocasses, féroces, tendres, crues, nostalgiques, déjantées…, les histoires de Max Obione vous entraînent entre autres sur les traces d'un flic planqué dans la tête d'un assassin, d'un rat qui parle, d’un short blanc, de Blanche Neige et ses 10 nains, du bobo de tante Misty…, etc. 
Plaisir de lecture noire, chauffé à blanc !
Mortel !

 

Recueil de 18 nouvelles
Max Obione
Préface de Jean-Bernard Pouy

Editions Krakoen - 2011
EAN 9782916330815
254 pages - 15 € - format 13x21

Pour commander la version papier, s'adresser directement à Max Obione : mobione@free.fr

 

Max Obione écrit de ces textes clairs à force d'être sombres, évidents dans leur brutalité, souvent charnus et poétiques, dérangeants et patients, parfois pleins d'un humour cynique grand gabarit, récits qui nous renvoient parfois à cette littérature «hard boiled» que nous aimions tant....    
                                                         Jean-Bernard Pouy 

 

 


Revue de presse

 

Marc Meneguz a lu L'ironie... (Bibliotheca - Belgique - juin 2011)

 

L’ironie du short de l’auteur de polars français Max Obione c’est pas moins de 18 nouvelles, les unes plus noires que les autres et qui touchent toujours dans le mille que ce soit par le style unique de l’auteur, l’humour macabre et féroce et surtout un propos cru et tendre à la fois qui ne laissera personne indifférent.
Certaines des nouvelles présentes ont déjà été publiés précédemment, d’autres sont inédites... finalement c’est quelque part un best-of que nous offre ici Max Obione et une façon unique pour découvrir son immense talent son imaginaire si particulier.
A découvrir !

 

 


Etienne Borgers a lu L'ironie... (Polarnoir - avril 2011)

 

 

Recueil de 18 nouvelles dont 8 inédites, par un des  plus talentueux nouvellistes français actuels. Heureusement pour nous, il écrit la plupart du temps des textes appartenant au monde de la littérature noire, et parfois policière. Par la qualité de ceux-ci, il est devenu un auteur francophone incontournable
Si les nouvelles que nous propose Max Obione sont souvent écrites avec des contraintes stylistiques qu’il s’impose et qu’il surmonte avec succès et efficacité, on est toujours certain d’y trouver une écriture soignée servant admirablement le propos. Un homme de style.
Et c’est par cela qu’il nous tient et nous plonge immédiatement dans les univers qu’il nous propose. Sans compter l’invention et l’originalité que le lecteur découvre dans la plupart de ces textes. Nous en avions déjà parlé dans Polar Noir, lorsque sortait son premier recueil chez Krakoen en 2007, La balistique du désir (voir nos commentaires à propos de ce livre).

Si le présent recueil, L’ironie du short, est moins noir dans son ensemble que le précédent, nous y trouvons cependant à nouveau des nouvelles faisant appel à l’humour noir, la nostalgie tendre, l’ironie (souvent et en divers grades) ou à la noirceur marquée, dans lesquels baignent les instantanés exposés par Obione.
Parmi les récits qui méritent toute l’attention du lecteur, soulignons les excellents Misty Sleeping et Crâne d’os (cette nouvelle glaçante  à ambiance proche du fantastique est disponible dans Polar Noir, dans notre chapitre « Petits Noirs »), ou encore le noir L’ironie du short qui a donné son titre au recueil, L’écrivailleur et sa structure en tiroirs qui en fait ressortir toute l’ironie mordante, ou la tranche de nostalgie des années cinquante qu’est l’impeccable Les micochonnes et son humour bon enfant, ou Attention à la marche à la sombre ironie et au climat irréel.
Ce qui ne veut pas dire que toutes les autres nouvelles soient sans intérêt. Loin s’en faut ! 

Si vous ne le connaissez pas encore, lisez Max Obione.
Pour tous les autres, ce conseil est inutile !
 

 

 


Jeanne Deasaubry a lu L'ironie... (sur son blog ICI - avril 2011)

 

 

[...] Le morceau de choix, c’est son « Ironie du Short » . Une magnifique couverture, conquise de haute lutte par l’éditrice… Devinez qui ? Dont il s’est rapidement entichée (la couverture…). Je vous laisse d’ailleurs en juger. Joli, espiègle, primesautier, un cul joyeux qui fait plaisir à voir.

On avait déjà eu un recueil de nouvelles en 2009, « Balistique du désir ». Max Obione récidive ici selon la même formule. Rassembler des textes parus ici et là ces derniers dix-huit mois, et juste pour son lecteur – ah, il l’aime, il le soigne son lecteur-  il y adjoint une bonne moitié d’inédits savoureux. Un détective entré par effraction dans la cervelle de son suspect, luttant avec la vinasse qui imbibe le malfrat. Un danseur de tango exténué qui cire amoureusement ses chaussures professionnelles avant d’en chausser sa femme moribonde. Une tante accablée de chaleur qui dort, son neveu curieux découvrant un étrange numéro tatoué, caché par un éternel pansement.

Max Obione torgnole la langue française pour lui faire cracher ce qu’elle a dans le ventre. Il la tord, la fait plier, glisse d’un mot précieux à une ordure jubilatoire.

Vous savez quoi ? Je crois qu’il aime maltraiter les phrases, dépecer les adjectifs, déformer les verbes, secouer dans un shaker des dialogues fleurant les inoubliables années cinquante.

Et nous, à sa suite, on jubile, on s’amuse, on souffre, on palpite. Il y a un ton, un style, à l’originalité profonde et quand on a lu une fois Obione, on le reconnaît en quelques lignes, même en aveugle.

 

 


Paul Maugendre a lu L'ironie...
(critique publiée sur son blog Mystery-jazz, ainsi que sur Babelio, Rayon Polar, Jazz Radio...)
 

Un recueil de nouvelles, c’est comme un sachet de bonbons en mélange, fabriqués par le même confiseur, dans lequel on trouverait des friandises douces, tendres, acidulées,  dures qu’on piocherait selon son humeur. D’abord, on ne se jette pas dessus comme un affamé ou un goinfre, mais on apprécie l’emballage. Puis on dénoue tout doucement le ruban qui renferme les gâteries, on délie la petite faveur permettant d’accéder aux douceurs. Cette faveur n’est autre que la préface de Jean-Bernard Pouy qui selon son habitude manie et marie éloge et dérision. Attaquons maintenant nos confiseries en prenant soin de déballer proprement chaque empaquetage, puisons au gré de notre inspiration, engloutissons voracement, goinfrons-nous et lisons tout, un bonbon à peine terminé un autre enfourné, ou soyons sages et dégustons en esthètes, une ou deux nouvelles le soir pour que le plaisir dure.

 

Débutons par le plus gros morceau, Marcel Bovary. La nouvelle sert d’entrée à ce volume, et bien qu’elle soit placée sous le signe de Gustave Flaubert, elle serait plutôt à ranger aux côtés des histoires cauchoises dignes de Maupassant. Avec ce cynisme et cet humour noir qui caractérisait ce chantre de la ruralité normande.
Ensuite je vous propose Crâne d’os, l’histoire d’un flic qui se permet, sans l’avoir demandé poliment, de s’introduire dans le crâne d’un tueur. Ce qu’il y découvre n’est pas joli, joli, mais comme tout un chacun, il n’a pas anticipé les événements.
Dans Un ticket dans le tuyau, trois cadavres ont été disséminés en trois points stratégiques de la ville. Mais dans une des oreilles de l’un des cadavres, un policier retrouve un ticket de caisse établi par une librairie. Un moment de pur plaisir de lecture.
Fin de moi difficile narre le parcours accidenté d’un individu qui souhaite se suicider, mais c’est dur d’être immortel !
Revenons légèrement en arrière pour se plonger dans D’amour tendre, au rythme tranquille d’un train qui emmène un couple jusqu’à Venise. Seulement la proximité d’un voyageur gêne considérablement nos deux tourtereaux.
Attention à la marche met en scène un éditeur qui rêve de publier un roman qui devrait faire un carton en papier, mais il n’a pas compté sur les impondérables.
La gaule à Mickey n’est pas ce que vous pensez mais une canne à pêche. Seulement celui qui s’en sert n’est pas du tout content, le Rhône est pollué et les silures sont impropres à la consommation. Que faire dans ce cas ? Se venger évidemment. Reprenons notre petit chemin à rebrousse-pages, et intéressons-nous à Arrière-cuisine et au jour où Blumenfeld propose à Walt Disney le scénario adapté d’un conte des frères Grimm, Blanche-Neige et les sept nains. Seulement Blumenfeld s’est permis une petite entorse avec le texte original : il n’y a pas sept nains dans son canevas mais dix. Et l’on sait très bien que Walt Disney n’a jamais extrapolé les histoires qu’il a adaptés en films d’animation, et qu’il a toujours été respectueux envers les auteurs auxquels il a emprunté les trames de ses dessins animés.
Dans L’ironie du short, titre éponyme de l’ouvrage, une adolescente, en short et long imperméable, déambule dans la cité. Elle dissimule un couteau de boucher afin de se venger de l’affront, et ce n’est qu’un faible mot, que des quidams lui ont fait subir. Banal me direz-vous, non car le dernier paragraphe nous démontre que la vidéo surveillance dans les rues peut être détournée de son aspect sécuritaire et qu’un président de la République, jamais à court d’idées, même si elles sont courtes, trouve toujours une parade à une situation délicate et sociale.

 

Au total dix-huit friandises pour un poids de 300 grammes environ à déguster sans modération. Certaines ont déjà été publiées dans des recueils collectifs, comme ceux édités à l’occasion de festivals, Mauves sur Loire, Drap ou Lamballe. Mais ces recueils étant difficiles à trouver, il était de bon goût d’assembler ces textes.

 

Vous aurez compris que ces nouvelles au goût délicat, subtil, irrévérencieux parfois, tendre, ironique, sont le reflet d’une certaine société examinée d’un œil scrutateur et impartial, celui d’un entomologiste, non je me trompe, celui d’un confiseur qui traque les défauts d’une fournée afin justement de les mettre en valeur et obtenir quelque chose de différent. (mars 2011)

 


Une critique parue sur le blog "Un polar" (mars2011)
 

Tous les polardeux connaissent Max Obione. Auteur de six romans et de plusieurs recueils de nouvelles, il est aussi le responsable de Krakoen, une maison d’édition qui s’est  taillée en quelques années une belle place dans le monde du polar francophone.

Collectif d’auteurs organisés en coopérative de productions, Krakoen a publié en quelques années une vingtaine d’auteurs de styles  divers  (dont Hervé Sard, Franck Membribe et la très talentueuse Elisa Vix) et compte plus de 40 titres à son catalogue. Le succès de la "maison" est tel que le collectif a décidé de ne plus publier de nouveaux auteurs afin de mieux promouvoir les talents aindi révélés. Belle aventure, donc.  

Max Obione, qui  parvient (mais dans quel état ?) à tenir le coup entre son travail d’éditeur et celui d’auteur, ce qui  en soi est déjà un exploit, nous propose ici un nouveau recueil de 18 nouvelles : L’ironie du short.

Certaines d’entre elles ont déjà été publiées dans des recueils collectifs ou sur des sites Internet. Cette diversité des lieux et des objectifs de publication  a pour conséquence  une grande variété des thèmes abordés, qui vont de l’histoire d’un tueur fou de jalousie  massacrant toutes les femmes qu’il croise, jusqu’à la rencontre imaginaire entre Walt Disney et un de ses scénaristes souhaitant ajouter  trois nains (Flemmard, Branleur et Tapette) dans le scénario de Blanche-Neige,  en passant par  la rivalité de deux anciennes copines d’école, devenues flic pour l’une d’entre elles et truande pour l’autre, ou encore la vie tragique d’un peintre américain psychotique recherchant le « secret de l’œil » auprès d’un peintre impressionniste réputé.

 

Comme souvent chez les bons auteurs de nouvelles, l’absence d’homogénéité  des thèmes n’est pas un obstacle pour le lecteur, car une autre homogénéité est ici présente, plus forte et plus  déterminante  : celle du style, du langage, du ton. Et c’est là que Max Obione donne toute la mesure de son talent.

Il est capable de raconter la pire histoire de tueur en série avec une allégresse joyeuse et hilarante. C’est le cas de la première nouvelle, qui est aussi la plus longue : Marcel Bovary.

 

« L’heure passant, les sens assouvis, elle le renvoyait sans un mot. Tandis qu’alanguie, nue, elle  regardait ses longues mains manucurées de rouge sang, aussi rouge que le cuir de ses escarpins, Marcel ramassait ses habits et ses chaussures et quittait la chambre du manoir, les oreilles bourdonnantes, les genoux tremblants et la tête dans un étau, envahi du  souvenir des figures extravagantes dessinées dans les spasmes. »  

 

Dans tout le recueil, transpire le plaisir qu’a eu Max Obione de raconter une histoire, de décrire ses personnages avec concision et efficacité, de créer en quelques mots bien sentis un univers fait de dérision, d’humour et de sentiments si humains. Chacune des histoires nous montre un univers radicalement original,  chacune va jusqu’au bout d’une situation extrême, de rapports conflictuels, d’accidents stupides, comme si Max Obione se lançait chaque fois un défi.

Celui de la nouvelle « les micochonnes » pourrait être : je vais scotcher le lecteur en lui racontant une histoire basée sur un mot, mal interprété par un ado banalement obsédé par le cul (Max Obione jeune, peut être ?).  Ainsi que vous pourrez le vérifier (je me garderai de vous donner la clé de l’énigme),  ça marche !

Ce recueil sera une référence pour tous ceux qui se piquent d’écrire des nouvelles et une bible pour les ateliers d’écriture : comment  bâtir une histoire qui se tient à partir d’un événement infime ; comment mettre en place des personnages forts, truculents et vrais ; comment enfin lâcher son écriture, tout en lui gardant son efficacité, pour parvenir à des pages que ne renierait pas un San Antonio (qui donnerait dans le noir) dans ses meilleurs jours… vous en aurez une idée en lisant ces nouvelles. (signée Jacques)

 

 


Jean-Marc Lahérerre, serial chroniqueur, a dégainé le premier une critique sur L'ironie du short, la voici repiquée sur son blog Actu du noir :

 

« Ça fait du bien, de temps en temps, de faire un petit trou normand. Et hop, entre deux romans, quelques nouvelles, bien courtes, bien serrées. J’ai toujours deux ou trois recueils sous la main, pour l’occasion. Cette fois c’est L’ironie du short, de Max Obione dont j’avais aimé un précédent recueil, Balistique du désir. 

  18 nouvelles aux thématiques très variées (plus, si mes souvenirs sont exacts que le recueil cité en introduction), et surtout aux tonalités diverses : humour, noirceur, science-fiction, fantastique, traque, vengeance, folie ou tendresse. Tout y passe. 

Chacun, forcément, aura ses chouchous, une ou deux nouvelles (de commande ?) sont, de mon point de vue, un peu en retrait des autres. Ce qui laisse facilement une bonne quinzaine de petites perles plus ou moins chatoyantes, plus ou moins noires (je sais, les perles c’est blanc d’habitude, mais celles-là sont noires ou chatoyantes). 

Pour ma part, j’ai une faible pour l’excellent pétage de plombs de Marcel Bovary (dans le genre humour noir et Grand-Guignol), la tendresse mélancolique de Aurel et Maddy, l’humour vachard et le regard sur le monde de l’édition de Attention à la marche, ou la noirceur glauque de L’ironie du short. 

Vous aurez sans doute vos préférences. 

Et cerise sur le gâteau, ou olive dans le Martini, l’ensemble est précédé par une autre perle, comme ça, pour le même prix, une préface de Maître Jean-Bernard Pouy. Du pur Pouy, excellent donc.» (mars 2011)

 

 

 


 

Eireann Yvon a lu L’ironie du short (Blog – août 2011)

 

Marquage à la culotte !
J'ai rencontré Max Obione à Penmarc'h mais j'avais auparavant lu son excellent recueil « La balistique du désir » que j'avais emporté dans un élan religieux inattendu renommé « La basilique du désir ». Ici et en cette période d'après Grande Boucle le titre qui vient à l'esprit (d’équipe, bien sûr) est « L'ironie du sport » et comme en général le sport se pratique en short ! Partons en petites foulées. Pour 18 tours de pistes, classiques ou à la Brestoise....pour moi c'est la seconde solution.
Après l’inévitable préface de Jean-Bernard Pouy, nous faisons la connaissance de Marcel Bovary, qui ne semble  pas avoir que des intentions louables envers une dame. Ou alors le fait de charger son fusil est une manière pour le moins surprenante de se montrer agréable avec l'élue de son coeur! Et il est chaud le Marcel. Et il n'a pas l'intention de s'en laisser compter.... Chômeur, buveur de Kro, lecteur de « Paris Turf »,  les chevaux, il croit en connaître un rayon. Mais la pouliche qu'il chevauche à bride abattue un jour le désarçonne.... alors gare aux obstacles qui traînent sur sa route....Avoinée générale !
Walt Disney revisité, dix nains au lieu de sept… quelle tambouille.... « Flemmard » « Branleur » et « Tapette » des noms, des prénoms, des surnoms  en plus ou tout simplement des qualificatifs....et c'est un éminent grimminologue qui le dit......Cela va-t-il faire le bonheur de Blanche-Neige ?
La nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage fait froid dans le dos.....et en pendant ce temps à l’Élysée le président qui nous gouverne pense, étudie, soupèse....que faire !
« Crâne d'os » pourrait être sous-titré : mets toi bien cela dans le crâne....Ou cela rentre par une oreille et cela ressort par l'autre... Dors Robert, fais de beaux rêves, Bébé va bien.....
Une leçon de cirage de chaussures assez convaincante dans « Aurel et Maddy » texte sur la vie, la vieillesse et la mort....qui avancent pas à pas.
« D'amour tendre » c'est dans le style " c'est pas gagné la vie si elle ressemble au jour des noces.... genre voir Venise et déguerpir....Mais au départ le train s'ébranle..... et la nuit fut sublime et le matin radieux...
« Attention à la marche » figurant dans le recueil « Dans le panneau» ouvrage annuel des éditions « Terre de brumes », veuillez vous reporter à ma chronique pour cet ouvrage...
La littérature tue...ah bon. Mais pas très rapidement...heureusement d'ailleurs… merci du tuyau... je suis tout ouï !

 
J'aime aussi la peinture donc l'histoire  racontée dans "Au dessus du royaume bleu des mouches" m'a bien plu ;  pas très doué, ce jeune américain ;  aussi un petit séjour en France pour comprendre les secrets des impressionnistes vaut bien quelques actions pas très orthodoxes. Les découvertes, parlons-en ! La couleur de l’absinthe, les formes du modèle, mais le secret d'un peintre, c'est son oeil! Il n'est pas nécessaire de prendre ce conseil au pied de la lettre ! Une des meilleures histoires de ce recueil.
Un immortel qui veut se suicider...ce n'est pas une sinécure... elle est longue la vie, et le titre très poétique "Fin de moi difficile". Un homme qui semble bien sous tous rapports mais auquel sa voisine va rappeler quelques détails pas très reluisants, elle aurait pu être belle la vie sans une femme amoureuse...très amoureuse... ce qui est un comble… « Les micochonnes » ne sont pas forcément des demi-portions... retour à l'adolescence, le cinéma de quartier, quelques filles qui comme dit l'auteur « n'avaient pas froid aux yeux, mais chaud partout » C'était beau les filles ! C'est toujours beau d'ailleurs....Lemmy Caution lui...il a disparu des écrans  en même temps que les cinémas populaires...Marcel et ses potes de bistrot, la France profonde, les philosophes des estaminets, gosiers en pente, en descente uniquement ! Et pour descendre, le Marcel il a ce qu'il faut ! Un homme dans le cirage ou alors à coté de ses pompes... et il préférerait le rester au vu de ce qui l'attend... Ludo et ses pas potes de banlieue. La vengeance est aveugle et frappe toujours les innocents. Un Robert au sommeil agité, un vieux danseur mélancolique, un couple en voyage, une femme en cavale poursuivie par une autre femme policière....et la question « Comment Max Obione va se sortir de ce piège »... pour le savoir lisez la nouvelle et le recueil sur votre lancée. Un pêcheur dans l'ancienne capitale des Gaules, une romancière qui attend à une terrasse de café...un éditeur qui ne viendra pas et qui se nomme Dominik Kerity ! Dommage ! Mais quel beau nom... Un écrivain (enfin il le prétend) prêt à tout pour être publié... c'est dur d'être éditeur. Mais ce n'est pas facile non plus d'être journaliste. Surtout dans des temps troublés.
Je suis toujours stupéfait par l’imagination des auteurs de nouvelles noires en particulier ! Pouvoir rendre le monde encore plus sombre qu'il est, avec des situations abracadabrantes tout en gardant un air de vérité, cela tient très souvent du grand art. Et quand parfois on trouve une touche d'humour (noir bien entendu) c'est encore mieux.

 

Extraits :
- On devient aveugle en ne voyant qu'elle, on devient sourd en n'écoutant qu'elle, on perd le goût en ne savourant qu'elle, on perd la parole en n'appelant qu'elle...
- Un petit homme rabougri, le fer est gris comme une fiente de pigeons maculant du velours au rouge.
- Trombiner ce tas, ça ne pouvait pas durer, la bandaison s'est comme l'audace, on n'en a pas toujours quand il le faut.
-Tu as taillé les pattes de ton jean blanc, très en haut de sorte qu'une fois enfilé, ton short laisse voir la ligne de partage entre tes cuisses et tes fesses. Ce pli qui rend fou.
- Si elle parle comme un boeuf analphabète, elle est gaulée comme Marilyn.
- Marseille, cette vieille dame savoureuse et putride qui n'avait jamais quitté ma mémoire.
- Plus tard, tous ces barges qui se trimbalent, qui confondent polar et mode d'emploi, ça fait peur !
- Ce jour la, Hudson découvrit l'absinthe.
- En vérité, Hudson fit davantage de progrès en caresses crapuleuses qu'en peinture.
- Je tâte mes Roudoudou dans ma poche, mais les copains fortunés leur offriront des Pie qui chante à l'entracte, c'est mieux qu'un Roudoudou. L'injustice, ça vous vient dans le cœur à cause de truc pareil.
- Nous recevons au moins une dizaine de manuscrits par jour. Bientôt nous aurons plus de personnes qui se piquent d'écrire que de lecteurs.

 

 


 

pin-upL'interview d'Ava Ventura

 

 

Ava Ventura est une curieuse ! Plein de choses qu’elle veut savoir...

 

 

Tout d’abord ce titre curieux « L’ironie du short » a-t-il une signification particulière ?

Je suis parti de l’expression connue « l’ironie du sort », puis en rajoutant le « h » j’évoque incidemment la short story anglo-saxonne, puis comme j’avais une nouvelle où il est question d’un short blanc, le titre de cette nouvelle pouvait servir de titre au recueil. Ceci est une explication, je pourrais en trouver d’autres…

 

Max Obione, après une première période consacrée strictement aux romans (5 au compteur, non ?) vous alternez. Il y a eu « Balistique du Désir », premier recueil de nouvelles, « Scarelife », un roman qui a reçu d’excellentes critiques, et maintenant, «  L’Ironie du Short », nouveau recueil de nouvelles. Est-ce une réorientation en direction des formes courtes ? 

bankim_1-2142.JPGNon, je n’opère pas de choix délibéré, c’est la disponibilité à l’écriture qui commande en réalité plus que la prédilection d’une forme littéraire en particulier. Le facteur temps est essentiel. J’alterne sans difficulté le sprint et la course de fond. Le sprint sur dix ou quinze pages d’une nouvelle soit quelques jours, la course de fond sur 250 pages et plus pour le roman, soit un an ou deux. L’investissement est très différent, la disposition d’esprit également.  Enfin, je réponds souvent à la commande d’une nouvelle pour un festival ou un recueil collectif ce qui vient perturber ma tendance crasse à la procrastination.

 

Certaines de vos nouvelles sont pratiquement des premiers chapitres de roman, au point qu’on aimerait pouvoir lire la suite.

J’ai écrit bon nombre de premiers chapitres de roman sans lendemain avant d’apposer un point final à mon premier roman, la soixantaine en vue. Je n’arrivais pas à dépasser cette première étape, pour entamer la seconde, j’étais sec, déjà vidé en quelque sorte. Sans doute ai-je chopé très tôt le virus du court. Plus les ans passent, plus je ressens une certaine urgence à écrire, car j’ai publié tard. Quand une idée de personnage ou de situation ou d’une séquence, etc. me vient à l’esprit, ça déclenche souvent le début d’une histoire courte. Que l’on considère mes nouvelles comme des premiers chapitres de roman souhaité que je n’écrirai jamais me flatte et me frustre à la fois.

 

Les chiffres sont formels : les Français sont peu friands de nouvelles… D’après vous, question culturelle ou d’offre?

Les deux mon capitaine ! Le roman est le genre invasif par excellence, proliférant si l’on compte la foultitude de parutions annuelles. Combien d’éditeurs et de libraires vous diront : « La nouvelle, ça ne se vend pas ! » L’offre de l’édition en découle. Alors que pour les anglo-saxons, la nouvelle est un art majeur, l’enseignement des lettres dans notre pays privilégie le roman à travers les œuvres des écrivains classiques. L’un des rares grands écrivains français reconnu dans le format court, c’est Maupassant avec ses contes bien plus intéressants que ses romans de mon point de vue. Mais on parle de conte, le mot « nouvelle » n’est pas mis en avant. Il faudrait que les profs de lettres au collège, lycée et à l’université soulignent davantage les mérites de cette petite forme littéraire.

 

COUV 1 CARAMBAPensez-vous que les nouvelles technologies du numérique pourraient remédier à la faiblesse de la diffusion ?

A l’heure de la profusion de l’offre culturelle de toute sorte et du zapping qui en découle, la nouvelle, court texte par définition, peut trouver une place dans ce contexte. L’édition numérique sur tablette ou smartphone pourrait éventuellement parer au marasme. Le recueil collectif « Onze balles perdues » pour IPhone (Caramba publishing ! et Krakoen) entend correspondre à cette nouvelle offre. Mais ça balbutie encore…
Mais rien n’est perdu même si la diffusion reste assez confidentielle, car les concours de nouvelles sont très courus et constituent un « entraînement » pour de jeunes auteurs, des manifestations diverses promeuvent la nouvelle : lectures publiques, festivals dédiés. Restons optimiste, le besoin de fiction dans le quotidien pénible des gens est indéniable ! La question cruciale étant que ce besoin est de moins en moins satisfait par la lecture et de plus en plus par les films de cinéma et les séries télévisées.

 

9782916330242_0-2007381066_000.jpgPouvez vous nous indiquer s’il y a une parenté entre « Balistique du Désir » et « l’Ironie du Short ».

Non, ces deux recueils ne sont pas édités selon un concept particulier dont le premier serait différent du second. Il s’agit de rassembler périodiquement, et tout bêtement si j’ose dire, les nouvelles ayant fait déjà l’objet d’une publication (papier ou Internet) et les nouvelles inédites. En résumé, je fais du regroupement, du classement ! Ne figurent pas dans ce recueil les nouvelles ayant fait l’objet de contrats d’édition imposant l’exclusivité.

 

Sans en avoir l'air vous abordez par petites touches des questions graves.

Le format court impose la petite touche en effet, il n'y a pas la place pour de longs développements exposant une thèse ou une opinion. Ce qui serait sublimement chiant sans parentèses. J'évoque plutôt, en passant, en toile de fond, beaucoup de sujets, en vrac : la pollution du Rhône, la maladie d'Alhzeimer, la rupture amoureuse, l'après Shoah, le problème des français issus de l'immigration, le viol, le mariage homosexuel, etc...

 

Il me semble qu’il y a une plus grande disparité de ton à l’intérieur de ce dernier recueil. Pouvez-vous me dire si c’est le fait du hasard ou une volonté d’essayer votre plume, comme des exercices d’assouplissement ?

Dans un recueil de nouvelles comme dans un CD audio, il faut de mon point de vue éviter l’effet de ronronnement au bout du second morceau car on a l’impression d’entendre toujours la même musique. Les nouvelles sont donc très différentes dans la tonalité et l’approche littéraire. J’essaie de varier au possible l’enchaînement des histoires. Le sombre noir côtoie le gris rose plaisant, l’humour grinçant la désespérante misère humaine. Mais je vous le concède, peut-être y a-t-il dans L’ironie du short davantage de fantaisie désespérée. Dans la forme, on trouvera aussi des nouvelles entièrement dialoguées, sans l’once d’une description des lieux ou des personnages, véritables saynètes qui se prêtent parfaitement à la restitution orale. La pagination peut varier également, on note des différences entre les nouvelles longues et celles de 5 pages.

La nouvelle constitue mon terrain d’écritures pour des formules littéraires variées, des exercices d’assouplissement pour garder la forme, certainement. Je vise le divertissement populaire, je n’ai pas d’autres ambitions que de procurer du plaisir à lire malgré la noirceur du propos ou des situations.

 

Parmi ces dix-huit textes, lequel aimez-vous le plus ?

La question qui tue ! Je n’ai jamais apprécié le chouchoutage, à l’école ou dans les familles. Souvent c’est à la dernière écrite que se porte mon affection, comme le dernier chiard de la couvée recueille tous les mamours. Toutes ces nouvelles sont mes mômes, ma marmaille, l’une est plus gracieuse que celle qui déborde de son jean, l’autre est moins noire que celle qui se maquille en gris clair, qu’importe ! Bref, je sors un joker, sachez que la dernière nouvelle écrite n’est pas dans ce recueil, excusez la pirouette !

 

Celle-ci sera pour le troisième recueil ?

Oui, dans trois ans, si Diable me prête vie !

 

Jean-Bernard Pouy, figure centrale du polar français, préface votre « l’Ironie du Short ». C’est un honneur certain, surtout qu’il vous qualifie de possible « concurrent ». Qu’en pensez-vous ?

C’est l’amitié qui l’égare ou la malice sans aucun doute. Comment pourrais-je arriver, ne serait-ce qu’à sa cheville ? Je ne voudrais pas le revêtir des affûtiaux du pape des lettres noires et populaires, mais il est pour moi un mentor, un modèle alliant le génie de la langue à la modestie souriante et blagueuse, la chaude empathie à l’égard des auteurs qu’il rencontre au gré des manifestations du livre, c’est un créateur dans tous les sens du terme. Je lui dois beaucoup, il vous empaquette avec tant de maestria des histoires où l’humour tempère la noirceur des situations. C’est aussi un maître de la nouvelle noire. J’avais  eu aussi l’honneur que Marc Villard son complice ès-nouvelles signe la préface de Balistique. Que JB ait accepté de préfacer mon dernier recueil m’a comblé d’une joie indicible. Le chef a accepté qu’un louveteau chenu rejoigne la meute.

 

shortblanc_d11.gifEnfin, dites, cette couverture… c’est du pousse au crime, non ?

Il avait été prévu au départ de relier le visuel à celui de Balistique en utilisant un dessin de Joe G. Pinelli qui avait signé la couverture du premier recueil. Quelques échos sont remontés suite à la publication des « A paraître » qui présentaient cette maquette. Verdict : trop tristounet ! La suggestion d’un joli petit cul logé dans un short très short, outre que c’était une traduction littérale du titre assez énigmatique (ce qui n’est pas toujours pertinent) cette image pouvait taper dans l’œil du chaland. Et pour revenir au handicap des nouvelles, une couverture alléchante paraissait assez nécessaire à mon éditrice. J’ai donc cédé à sa pression amicale, elle a eu raison si j’en crois les premiers retours sur ce point particulier.

 

Max Obione, merci !

Non c’est moi !

 

(mars 2011)

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