Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

boulette in8Boulette, dans la collection La porte à côté, chez In-8, sous la direction de Jean-Paul Basly

Une ado tente de traverser la Manche avec un Kurde dont elle s'est éprise passionnément.

 

Cette collection édite une nouvelle unique sous un petit format (11x17).  On relève dans le catalogue les noms de Villard, Mizio, Akkouche, Thirion, Pouy, etc. parmi les auteurs du noir ou du polar.

 
ISBN 987-2-916159-98-0 (32 pages, 4 €)

 

Site : http://www.atelier-in8.com

 

 

 


Revue de presse :

 

 

Laurence Patri a lu Boulette (sur Biblioblog - avril 2011)

 

Boulette rêve d'une autre vie, loin de son père malade et alcoolique au dernier degré ; loin du portrait de Le Pen - qui a remplacé sur le buffet familial la photo de Lénine - ; loin de Calais et d'un BEP cuisine qui ne la mènera à rien. Boulette est prête à s'accrocher à n'importe quoi. Alors pourquoi pas à ce jeune Irakien en cavale qui lui promet amour et belle vie londonienne.

Ce soir-là, Boulette était sortie dans le jardin quand elle surprend un inconnu. Il a l'air aussi effrayé qu'elle, il a faim, il ne parle que quelques mots d'anglais. Il s'appelle Yussef. Mais cela suffit à la jeune fille qui pense immédiatement avoir rencontré l'homme de sa vie. Un homme qui ne l'humilie pas parce qu'elle a quelques kilos en trop, un homme qui ne lui hurle pas dessus et qui l'enlace avec douceur. Boulette n'a pas l'habitude. Boulette se sent tout à coup exister. Il aura donc suffit de quelques minutes dans l'obscurité du jardin pour changer irrémédiablement le cours de sa vie… pour le meilleur et pour le pire.

L'art de la nouvelle est de réussir en à peine quelques pages à créer tout un univers, des personnages palpables, tout en déroulant un scénario qui maintienne le lecteur en haleine jusqu'au point final. Boulette est de cette trempe. Je reste encore surprise de la richesse de ce si court texte. 27 pages seulement et l'impression tenace d'avoir lu un roman dense et intense.
Il y a d'abord cette jeune fille pour qui on ressent un empathie immédiate : Boulette est un étrange mélange de fragilité et de volonté féroce. À sa façon, elle est elle aussi en transit, prisonnière d'une terre qu'elle ne reconnaît plus. Alors que la plupart des phrases sont courtes, incisives, mordantes, Max Obione s'autorise une envolée au milieu du récit : Boulette s'éveille à la sensualité et à l'amour et Max Obione déploie une unique phrase sur plus d'une page pour évoquer cette parenthèse. Loin de tomber dans la mièvrerie sirupeuse, ce passage, d'une grande beauté, s'accorde au souffle des amants, ralentit, accélère, use des mots crus mais jamais sordides, parle de cette relation charnelle à laquelle Yussef et Boulette ont tant besoin de croire.
Mais Max Obione ne raconte pas simplement un Roméo et Juliette de temps modernes. Au-delà de l'histoire de ce couple improbable, il y a cette réalité sordide. Ces anciens communistes qui militent aujourd'hui sans honte pour un parti d'extrême droite ; cette France, terre d'accueil qui traque ses immigrés clandestins ; les biens pensants délateurs ; les passeurs trop contents d'arrondir leurs fins de mois ; etc. Il y a tout ça dans ces 26 petites pages, et plus encore puisque Max Obione parvient à nous surprendre là où on ne l'attendait pas. Car ce n'est finalement pas la chute qui est la plus douloureuse, mais cette petite phrase, perdue au milieu des autres, qui ne paie pas de mine mais qui se révèle si cruelle.
Un très grand texte, un très beau texte.

 


Séverine Garnier a lu Boulette

 

Max Obione est le fondateur et animateur de Krakoen, coopérative d’édition à l’empreinte « noir et polar ». Max Obione est aussi un jeune auteur tardif qui commet ses premiers textes une fois retiré de l’Administration. Privilégiant le roman policier, il affectionne les court-lettrages et plusieurs de ses textes composent des collectifs dont certains rendent hommage aux figures du rock’n roll. Il nous livre aujourd’hui Boulette, nouvelle décapante qui fait son entrée au nuancier des aquitaines éditions de l’Atelier In8. Boulette, c’est le petit nom d’Irène. Boulette est grosse. Boulette veut aimer. Peu importe si celui qu’elle aime est Kurde d’Irak, Boulette est prête à traverser la Manche pour aimer.

Mais pourquoi Max Obione est-il allé frapper à cette « porte à côté » ? Parce que l’Atelier In8 a développé une collection de nouvelles colorées, offrant des textes à l’unité, sur tout ou rien, parce qu’à côté, c’est le quotidien, insignifiant ou scandaleux. Parmi les auteurs accueillis, des plumes connues, Anne-Marie Garat, Alina Reyes, Jacques Abeille, des premiers textes et de jeunes auteurs, Daniele Estebe-Hoursiangou, Jakuta Alikavazovic. Parce que l’Atelier In8 a la malice de libérer des recueils ces petites formes pour mieux les réunir dans des coffrets thématiques : Histoires érotiques, Jazz quartet, et bientôt un ensemble dédié au regretté Alain Bashung. Avec la collection « La porte à côté », les éditions de l’Atelier In8 cultivent un verger dans lequel chaque texte est une nouvelle variété à croquer.

 

(page facebook de l'Agence régionale du livre de Haute Normandie - Publication(s) (mai 2011)


Jeanne Desaubry a lu Boulette (sur son blog - avril 2011)

 

 

« Boulette » chez In 8, format extra poche, trente pages, une seule nouvelle pour un joli opus qui glisse tout seul dans le sac ou la poche. L’histoire d’une gosse de Calais, soufflée de malbouffe, qui tombe passionnément amoureuse d’un kurde affamé et pourchassé, beau comme un dieu, trouvé dans son jardin. La découverte de l’amour par une adolescente complexée et les dégâts collatéraux… Des pages hors normes sur la découverte de l’amour… Un régal… noir, forcément.

 

 


Pierre Faverolle a lu  Boulette (sur son blog Black Novel)

 

Environs de Sangatte. Boulette, une jeune fille grosse, malaimée et décriée par tous les gens du village va rencontrer un Kurde, qui veut partir en Angleterre. Malheureusement, elle croit qu'elle est amoureuse.

N'étant pas adepte ni lecteur de nouvelles, je ne vais pas juger cette courte histoire par rapport à d'autres novellistes. Le format de l'histoire (24 pages) est parfaitement maitrisé, surtout grâce à son style très direct. Pas le temps de faire de la psychologie de supermarché, il faut aller droit au but. Max Obione met tout son cynisme et sa cruauté au service de cette fable dramatique.

Alors j'ai avalé Boulette et sans en faire trop (de boulette), je dois dire que cette histoire m'a pris aux tripes, et l'air de rien, le final est surprenant. Et je me suis dit : Pour les gens qui ont une demi heure de trajet à faire, à 4 euros, c'est une sacré bonne affaire. Alors il faudrait vendre ces nouvelles (il y en a une soixantaine dans cette collection) sur les quais des gares. Alors, avis aux distributeurs !


Patrick Galmel a lu Boulette (Pol'art noir - janvier 2011)

 

Pour celle qui l'a aimée – sa mère – ç'aura toujours été Boulette ; pour son père, c'est simplement la Grosse…
Violette, jeune fille obèse, "sousvit" coincée entre son père alcoolique et malade et ses copines du BEP cuisine. Chez elle, du côté de Calais, on a remplacé sur le linteau de la cheminée le portrait de Lénine par celui de Le Pen. On grogne régulièrement contre les "bicots" qui hantent les rues de la ville.
Un soir, au fond du jardin, Violette tombe nez à nez avec un jeune Kurde qui a trouvé là une cachette dérisoire. Pour se défendre, l'homme la serre, l'empêche de crier. Pour Violette, c'est une révélation. Ce contact, ces bras forts qu'elle pensait ne jamais pouvoir atteindre lui sont enfin donnés. Elle décide de protéger son trésor…

L'éditeur Atelier In8 a créé la collection La Porte à-Côté comme un refuge destiné à recevoir les auteurs de nouvelles, avec des textes à savourer comme des gourmandises, un par-ci, un par-là, comme une échappée belle. Une simple nouvelle, un seul texte, une petite trentaine de pages, un prix modique.
Dans ce numéro cinquante-huit, c'est Max Obione l'invité, qui lui-même nous convie à faire la connaissance de Boulette.
Ici, pas le temps pour les rebondissements ou les fausses pistes. Le format de la nouvelle, parfaitement maîtrisé, pousse à tendre vers l'essentiel, et Max Obione, en orfèvre, sait très bien s'y prendre.
L'écriture est saillante, taillant dans la friche calaisienne sans détour, presque avec une économie de mots. Pour autant le portrait est fidèle et la misère immense.
Boulette pense qu'elle a bien droit à sa petite part de bonheur après tout ce qu'elle a déjà subi dans sa maigre et triste vie, mais ce serait sans compter sur "l'humanité" de ses congénères, de sa famille.

Malgré les étincelles qui illuminent un temps les yeux et le corps de Boulette, on reste dans un univers extrêmement sombre. Âmes sensibles, vous entrez dans l'univers de Max Obione à vos risques et périls… Ici, il fait noir.

 


Joël Jégouzo a lu Boulette (K-libre -mars 2011)

Max Obione a fait une boulette

Une grosse boulette. Mais c'est tout Max, ça : quand il ne jette pas des pavés dans les mares, il fait de grosses boulettes... Enfin... La boulette en question c'est Boulette, la grosse d'à côté, toute jupe rabattue. Elle pense que Bastien la mate. Bastien, c'est le débile de service. En fait, c'est pas lui qui la mate au petit coin : c'est un homme en cavale. Balai d'hélicos, Sangatte fermé, les exogènes détalent où ils peuvent... Un réfugié sans refuge en somme, errant par la force de nos habitudes. Boulette s'en émeut. Son père, un bonhomme à fauteuil roulettes, médocs et Stella pour contourner ses journées, ne voit pas la chose d'un aussi bon œil. Boulette voudrait qu'il clamse, mais malgré le cocktail médoc-alcool, le vieux regimbe... Du coup, avec le réfugié dans la maison, ça devient gênant. Alors Boulette décide de couper les vivres à son vieux : elle ferme le robinet de sa bonbonne d'oxygène. La dondon, le boudin, le thon, voici qu'elle peut filer ses plus invraisemblables rêves, en empoignades torrides avec son amant kurde. Peggy enfin cochonne, délivrée de toutes les humiliations de la vie, offrant à Max Obione l'occasion d'écrire les pages les plus olympiennes sur les corps potelés à peau blanche et marbrée. Mais l'hélico tourne là-haut, en chasse, obligeant notre kurde à décamper jusqu'à Calais. Boulette projette de l'accompagner à Londres. Justement, un tonton pas regardant qui donne dans le trafic de réfugiés se propose de l'aider. Enfin... Il lui extorque son fric plutôt. C'est qu'on n'est pas dans un conte de fée là, et Max de nous précipiter dans l'horreur des histoires d'aujourd'hui.

Citation

Tu vas crever. La grosse, elle t'emmerde !

Rédacteur: Joël Jégouzo  

 


Yann Le Tumelin a lu Boulette (moisson noire - février 2010)

 

Des nouvelles à l'unité. Sur tout ou rien, sur le quotidien et l'extraordinaire. Autrement dit La porte à côté, l'une des collections des éditions de l'Atelier in8, que je vous invite vivement à découvrir si ce n'est pas déjà fait.

Le quotidien, justement, il a pas l'air rose pour "Boulette", dans cette baraque des environs de Calais, entre un BEP cuisine et le père qu'arrête pas de l'appeler la grosse, qui traîne derrière lui sa bonbonne d'oxygène comme sa haine des étrangers. D'ailleurs, sur le buffet de la cuisine, le portrait de Le Pen a remplacé celui de Lénine.

Le Pen justement, ça me rappelle une de ses saillies nauséabondes, en substance : "Il est normal de préférer son frère à son cousin, son cousin à son voisin et son voisin à un étranger." Sûrement que Boulette l'enverrait se faire pendre en entendant ça.

Un étranger, justement, elle en trouve un dans l'abri de jardin - You... arab ? No, Kurd ! Kurd ? Yes, Kurd of Iraq -, et décide immédiatement de le cacher, de le nourrir, de l'aimer. Et même de s'enfuir avec lui de l'autre côté de la Manche.

Elle est touchante, Boulette, dans ses élans, dans sa naïveté, et pour un peu on lui souhaiterait bonne chance, mais on sent bien que ça va mal tourner cette histoire, au final...

La nouvelle, c'est un art de l'esquisse, et Max Obione l'a bien compris, qui en peu de mots, quelques détails, quelques images, crée tout un univers, dont on devine les contours, dont on saisit l'essentiel.

Boulette, c'est une mignonnette à lire cul-sec, une vingtaine de pages douces-amères. Le temps d'un court trajet, par exemple. Attention quand même à ne pas rater l'arrêt.

 


Marc Meneguz a lu Boulette (bibliotheca - février 2011 - belgique)

 

Pas-de-Calais en France. De nombreux immigrés étrangers y affluent dans l’attente de trouver un moyen pour traverser la Manche. Le centre d’accueil de Sangatte a été fermé en 2002, la Jungle a suivi rapidement. Depuis ces voyageurs errent en toute clandestinité et sont poursuivis par les forces de l’ordre. L’un d’entre eux, l’iraquien Yussef, alors qu’il se cache dans le jardin d’une maison rencontre Boulette, une jeune femme un peu grosse et naïve et qui vit dans l’ombre de son père alcoolique. Mais Boulette en a marre de sa vie, et ne veut rien d’autre que de se donner à Yussef et de fuir avec lui vers les côtes anglaises. Mais la fuite vers la terre et la vie promise n’est pas sans risque, et le jeune couple le découvrira à ses dépens...

La nouvelle Boulette de l’auteur français de polars Max Obione est publiée en 2011 aux éditions de l’Atelier IN8, et plus particulièrement dans la collection La Porte à Côté, une collection qui veut nous faire découvrir justement des nouvelles, de celles à savourer comme des gourmandises, par ci et par là, à la découverte de nombreux auteurs. 60 auteurs et 60 nouvelles, vendues à un prix modique, et dont celle-ci, Boulette, est le N°58.

Et Max Obione nous conte ici une tragique histoire d’amour, ou plutôt une triste histoire d’évasion, de deux personnages vivant des misères bien différentes, le tout sen utilisant un contexte d’actualité qu’est celui de l’immigration clandestine. Et à travers cette histoire l’auteur nous offre surtout un personnage haut en couleur qu’est celui de Boulette, ce type d’individus que seul Max Obione sait créer avec tant de talents et que l’on retrouve dans bon nombre de ses romans.. L’histoire tient sur une trentaine de pages, bien peu en réalité, mais le tout est tellement dense et saisissant qu’à la fin on a l’impression d’avoir lu un roman en entier. S’y ajoute encore un style très vivant qui emporte réellement du début à la fin.

Boulette de Max Obione est une belle nouvelle à découvrir, issue d’une collection tout aussi intéressante. 



Paul Maugendre a lu Boulette (mysteryJazz - février 2011)

 

Max Obione s’inspire, non pas vraiment d’un fait-divers mais extrapole avec la noirceur qui caractérise ses romans sur le problème des réfugiés qui s’agglutinent autour d’un Sangatte aujourd’hui interdit. En quelques pages il nous raconte comment une vie peut basculer à cause de plusieurs éléments : le racisme de certains adultes face à des événements qui les dépassent, la pitié, l’émoi d’une jeune fille en butte à la cruauté parentale et qui découvre l’amour envers un jeune étranger, amour exacerbé par les virulences d’un père alcoolique, et d’autres facettes pas trop propres de ce racisme latent qui imprègne toutes les couches de la population, l’appât du gain aussi. En un peu plus de vingt pages Max Obione décrit en phrases courtes, en rafales staccato de mitraillette, cette histoire somme toute misérable, sauf en certains paragraphes dans lesquels les phrases s’allongent comme les langueurs océanes et les joutes amoureuses débutantes. Max Obione joue dans la sobriété, tout est dit avec force et il n’y a pas de passages superflus.

 

 


Claude Le Nocher a lu Boulette (Action-suspense - février 2011)

 

La collection “La porte à côté” des Éditions Atelier In-8 publie des nouvelles à l’unité, format fascicule. Au catalogue de cet éditeur, on trouve dans diverses collections des romans de Franz Bartelt, Gilles Del Pappas, Hervé Le Corre, Lalie Walker, Mouloud Akkouche. Ainsi que des nouvelles de Emmanuelle Urien, Marc Villard, Jan Thirion, Jean-Bernard Pouy, Hubert Monteilhet, Francis Mizio… Renseignements : http://editions.atelier-in8.com


Max Obione vient d’y publier une nouvelle intitulée “Boulette”…

 Dans la région de Calais, Boulette est une adolescente qui vit chez son père, un homme irascible souffrant des conséquences de l’amiante. C’est une grosse fille à la peau rose, les cheveux blonds filasses, le nez retroussé, les yeux bleus, le corps obèse, boudinée dans ses vêtements. Elle suit des cours de BEP-Cuisine. Ses frères ne fréquentent plus la maison, où le père de Boulette la traite sans arrêt de grosse. Ce soir-là, alors que la traque des clandestins se poursuit dans le secteur, un Kurde d’Irak se cache dans leur jardinet. À l’insu de son père, l’adolescente entreprend de protéger ce beau mec nommé Yussef. Tous deux baragouinent quelques mots d’anglais pour communiquer. Elle lui donne à manger, il en a besoin. Rapidement, un projet trotte dans la tête de Boulette. Elle imagine une nouvelle vie avec Yussef, s’ils réussissent à passer en face, de l’autre côté de la Manche. Peu lui importe que le Kurde soit vraiment amoureux d’elle. Et ce ne sont pas les écueils familiaux qui vont la freiner. D’autant que son oncle Robert peut apporter une solution. Pas gratuite, bien sûr, mais cette débrouillarde sait où se procurer assez d’argent…

Très réussi, ce “conte cruel” qui s’inspire d’une réalité toujours actuelle, celle de ces clandestins de passage en France, sans régularisation possible. Sans oublier un contexte criminel, bien entendu.

Partager cette page

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :