Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pterminal.jpg

Etienne Borgers vient de publier sur Polar noir la critique suivante de Scarelife :

 

Roman hommage qui ne se lance pas dans le pastiche aveugle, Scarelife  reprend beaucoup des thèmes majeurs du naturalisme américain dilué dans le roman noir de la grande époque aux USA; ce roman est aussi, par sa construction et le thème de la destinée inéluctable qui y est développé en détail, un hommage non déguisé, et souvent direct, à David Goodis, un des grands du roman noir désespéré.

On y suit le périple de Mosley Varell, psychopathe ayant fait dix années de prison pour meurtre, qui, subitement, se sent obligé de retrouver son père. Sans beaucoup de ressources, ce sera un vrai road-novel
En dehors de la violence, de la malchance et des ennuis sans fin dans lesquels Mosley a l’art de se fourrer à tout bout de champ, il y a aussi ce nabot, ce flic frustré de n’avoir pu le faire griller sur la chaise pour tous les meurtres qu’il sait que Mosley à perpétrés jusqu’à son embastillement qu’il juge d’une durée dérisoire face au pedigree du meurtrier. Obstiné, dangereux Herbie Erbs, dit Le Nain, ne lâchera plus la piste fraîche de Mosley. Jusqu’au bout de la route sanglante, jusqu’au rendez-vous de Mosley avec son effroyable destin. qui s’en suivra, le trimard, d’un coin perdu du Montana vers Rochelle en Louisiane, autre bled au milieu de nulle part. Itinéraire difficile, pleins de pièges, qui replongera Mosley dans une suite de meurtres crapuleux face à ses obsessions et à ses démons. Lui qui vivait chichement d’expédients littéraires pour des émissions TV de seconde zone, avait pourtant commencé à mettre sur papier l’œuvre de sa vie : un scénar de biopic sur David Goodis, l’écrivain souvent paumé, toujours à la recherche d’alcool, de musique et de femmes faciles. Grosses et noires de préférences. Mais un diable d’écrivain… Un foutu bon scénar que Mosley essayait de continuer.

Roman noir aux accents désespérés, Scarelife bénéficie de la souplesse d’écriture de Max Obione qui sait plier avec subtilité son récit à ses exigences de construction et de style, le tout pour servir admirablement les buts poursuivis et les atmosphères réalistes qu’il met en place.

Un hommage à cette littérature noire de qualité des années 50 à 70, comme nous l’avons déjà souligné, mais sans servilité. Avec sans doute une première : un serial killer psychopathe, primaire et torturé, vivant de l’écriture. Et une fin en forme de tiroirs, digne du restant.

Inconditionnels du récit linéaire et conventionnel : s’abstenir.
Les autres : régalez-vous !

(©) Copyright 2010 E.Borgers


Tag(s) : #Ils ont lu...

Partager cet article

Repost 0