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Patrick Galmel, le tenancier du site Pol'art noir, vient de rendre sa copie... sur Scarelife. Le site de Patrick a été le théâtre de mes premiers pas en littérature noire, c'est sur son forum que j'ai rencontré les premiers compagnons de route avec qui j'ai monté les éditions Krakoen (Desaubry, Sard, Membribe, puis ce fut Colize...), il a chroniqué tous mes livres, c'est pourquoi je dois beaucoup à Patrick qui tient ce site de référence avec la constance et l'enthousiasme d'un amoureux éperdu du polar.

 

  

Pstationservice.jpgMosley ne s'y attendait pas vraiment, mais après trente deux années de silence, c'est bien une lettre de son père qui, depuis la Louisiane, est arrivé jusqu'à lui au fin fond du Montana. Et Mosley de tout laisser en plan — son boulot de scénariste, Bess avec qui il vit — pour faire le trajet inverse. Par la route ou le rail ; Mos a la phobie de l'avion…

Les grands espaces, les routes infinies, rectilignes, se plaisent bien aux États-Unis. Alors Max Obione enfile à nouveau (après Amin's Blues) sa veste américaine et jette sa plume sur le bitume pour une diagonale inédite qui nous mène du Montana à la Louisiane, ou de James Crumley à Charles Willeford.
Dans ses pèlerinages au pays du polar, Max Obione laisse derrière lui de petits cailloux blancs (ou noirs) qui permettent de remonter la piste, de le suivre, comme ici son personnage, en mouvement, qu'il prénomme tout bonnement Mosley

Mosley J. Varell est donc sur la route. Il concocte sur le chemin le synopsis qu'on lui a commandé. Après tout son métier n'est-il pas d'être scénariste. Il écrit des conneries pour les gamins qui, si elles finissent par le dégoûter, le font néanmoins vivre. Mais cette dernière commande est différente : il s'agit de mettre en scène une biographie du romancier David Goodis.
Tandis que Mosley construit son projet, imagine les scènes, les personnages, les rencontres défilent au même rythme que les kilomètres avalés. Certaines finissent mal. Mosley assassine. Oh, pas par méchanceté, plus pour rendre service… De vieux démons qui resurgissent.

Derrière lui, Herbie Erbs, le flic qui l'a fait arrêter, puis condamner à vingt ans de pénitencier veille, surveille. Il n'a pas digéré le vice de procédure qui a sauvé Varell de la chaise et Mosley est toujours dans son collimateur. D'ailleurs, sa disparition ne présage rien de bon. Herbie sent cela et se lance sur sa piste, remontant le fil des cadavres…

Cette fois c'est peut-être à Georges Chesbro qu'est lancé le clin d'œil, avec le personnage de Herbie, le nain, celui qu'on surnomme Minicop !
Et l'ode au roman noir américain et au cinéma qui l'accompagne de se poursuivre au fil des pages, avec toujours David Goodis au centre du périple ; Max Obione se coulant avec délice dans cette noirceur poisseuse, jouant de son style acéré, variant les éclairages, les points de vue jusqu'à ce qu'enfin la route se termine.
Max Obione est un auteur subtil qui aime le noir. Démesurément.
                                                                                                                      (décembre 2010)
 
Le site Pol'art noir

 

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