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Le vote de la loi antipiratage est reporté à la rentrée parlementaire. Que d’énergie et de parlotte pour un texte dont l’application au regard de la technique sera d’ores et déjà inopérante. Tout d’abord, on construit une usine à gaz pour fliquer les « bandits », ensuite intervient une période d’avertissements, enfin au terme de la procédure, pour tenir compte de la première censure du texte par le Conseil constitutionnel, c’est un juge qui prononcera la sanction. Quand on sait l’encombrement actuel de l’appareil judiciaire pour traiter des causes autrement plus importantes, on s’attend à de joyeux collapsus dans les prétoires. En réalité, ne seront piégés que les naïfs, les internautes chevronnés bien renseignés sauront contourner l’obstacle pour se jouer du gendarme. Techniquement, avec la WIFI de la voisine qu’on peut capturer, les adresses IP disponibles qui peuvent s’emprunter jusque dans un pays étranger et des logiciels futés qui ne manqueront pas de fleurir, l’arsenal du contournement est prêt. La télé a présenté en direct à l’écran la manip à partir d’une adresse l’IP disponible en Chine. Eloquent !

L’industrie culturelle (les majors, Denis Olivennes en particulier, ex patron de la Fnac, aujourd’hui directeur du Nouvel Obs) a inspiré cette réponse idiote à un vrai problème, aidée en cela par une fraction bêlante d’artistes gavés classés à gauche (?), ceux-ci venant donner leur bénédiction à l’entreprise. La Princesse de Mièvre (Yakékunkimadi) aurait opéré, dit-on, cette amicale captation pour complaire à son époux, Sarkubu 1er , qui, depuis des mois, trépigne d’impatience en criant comme un enfant gâté : « Hadopiiiiii, je la veux, je la veux ! »

Si le piratage prive les auteurs dont les œuvres sont victimes de leurs droits d’auteur (principale motivation avancée par les promoteurs de cette loi), en quoi Hadopi va-t-elle permettre de rémunérer la création artistique ? La réponse est sans appel : nib, nada, aucune disposition de cette nature actuellement dans le projet de loi, Hadopi est donc inappropriée à l’objet énoncé. En ce qui concerne la production audio, la chute des ventes des CD en particulier, ceux qui sont vendus 20 euros pour des daubes formatées, sera-t-elle enrayée ?  On en doute. Cette loi si elle est adoptée ne répond pas aux nouvelles pratiques culturelles à partir du web de centaines de milliers d’utilisateurs, des jeunes en particuliers, adeptes du téléchargement.

Il faut autre chose, un autre système de prélèvement et de répartition entre les créateurs, tous les créateurs. Des pistes ont été énoncées par des praticiens, personnellement je n’ai pas de recette à formuler cependant le fournisseur d’accès paraît être le personnage ou l’entité idoine pouvant subir un prélèvement forfaitaire. Il faut réfléchir encore, rien ne presse vraiment hormis le caprice du prince. A plusieurs autour de multiples tables rondes, l’intelligence mise en commun peut faire émerger une solution équitable et surtout viable.

L’édition est moins touchée par le phénomène du téléchargement illégal que le cinéma, la photographie et la musique, mais le développement du livre numérique, de l’édition numérique nous confrontera bientôt à cette question. Pirater un livre numérique sans payer évidemment, c’est comme le voler à l’étalage. Au début, ça peut flatter l’auteur autant que ça désole le libraire et toutes les professions qui ont concouru à sa fabrication et à son acheminement, sauf que si toute la pile y passe, ça devient problématique. Il faut sauvegarder notre système de droits d’auteur en l’adaptant aux nouvelles pratiques issues des nouvelles technologies. La réponse législative que la majorité du Parlement s’apprête à voter avec la loi Hadopi est condamnée à l’impuissance et entraînera l’aigreur des usagers. Soyons plus intelligents que cela !

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