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Durant le salon du livre de Paris, j'ai arboré un badge à la boutonnière distribué par Le motif, observatoire du livre et de l'écrit en Ile de France. Sur ce badge la mention suivante : "Je lis la Princesse de Clèves". Cette pétition a fleuri sur de nombreuses poitrines pour exprimer "avec une certaine douceur" notre aversion pour l'inculture de celui qui nous gouverne au sommet à l'égal de l'aversion qu'il porte envers l'oeuvre de Mme de La Fayette. Et à travers elle, à une certaine idée régressive de la littérature et de l'enseignement des lettres.

Le salon du livre de Paris ayant été inauguré ni par le Président ni par la ministre de la culture mais par un secrétaire d'état à l'économie numérique et à la prospective
(? NKM) on mesure le fossé...
Se pavaner derrière le cul des vaches et en buvant des coups, c'est sans doute beaucoup plus valorisant en terme d'image... Les pontes de l'édition, de la librairie et de la plupart des acteurs de la chaîne du livre présents à cette grand manifestation culturelle (et marchande) en ont presque avalé leur bulletin de naissance. Christine Alabanel, ministre de la culture, est passée devant le stand Krakoen, au pas de charge, le lundi 16 mars pour rejoindre le pavillon de l'invité 2009 : Le mexique. 

On est bien dans la France qui bouse !




J'ai repris ci-après un post de mon amie Fabienne Soldini qui reprend un texte de Gilles Dorival, opinion que je partage en tout point :

Les propos de Nicolas Sarkozy sont truffés de fautes de français. Les fautes de latin sont plus rares, mais il y en a. Ainsi, dans son discours fondateur sur la recherche prononcé en janvier 2009, la condition sine qua non est devenue la condition si qua non.

Mais si ces fautes étaient concertées et si elles faisaient partie de la stratégie de communication du Président de la République, soucieux de proximité avec ses électeurs, qui ne savent plus le latin et qui savent mal la syntaxe de la langue de Molière et de Charles de Gaulle ?

Et si, en réalité, Nicolas Sarkozy était un homme de profonde culture, au contraire de ce qu'il veut laisser paraître ?

On se rappelle que le candidat Sarkozy avait traité de « sadique » et d'« imbécile » l'examinateur d'un concours d'attaché d'administration qui avait mis au programme La Princesse de Clèves. En conséquence, les enseignants-chercheurs en lutte contre la réforme de leur statut ont fait de ce roman le symbole de ce qu'ils croient être l'inculture présidentielle : les lectures de l'œuvre de Mme de Lafayette se sont multipliées dans les universités et les lieux publics, et l'Elysée en a reçu des centaines d'exemplaires.

Mais si, en fait, Nicolas Sarkozy connaissait en profondeur cet admirable texte ? C'est la thèse qui sera défendue ici. On se rappelle la fin de La Princesse. M. de Clèves meurt. Mme de Clèves est alors libre d'épouser M. de Nemours. Mais elle renonce à cette union. M. de Nemours vient lui demander une explication :

« Elle fut extrêmement troublée et surprise de sa venue. Elle lui fit dire par une personne de mérite qu'elle le priait de ne pas trouver étrange si elle ne s'exposait point au péril de le voir. »

Alors, Mme de Clèves se retire loin du monde. La dernière phrase du roman est :

« Sa vie, qui fut assez courte, laisse des exemples de vertu inimitables. »

Mais il existe une autre fin, inédite et plus brève, de La Princesse de Clèves. Elle se lit dans un manuscrit autographe conservé dans la bibliothèque d'une des plus riches fortunes de France, bien connue pour son mécénat des sciences, des arts et des candidats à la Présidence de la République. Jusqu'ici, nous n'avions pas la preuve que Nicolas Sarkozy eût fréquenté cette bibliothèque. Mais, depuis le salon de l'agriculture de 2008, nous savons que le Président a lu et médité la fin du roman.

La voici :

« Elle fut extrêmement troublée et surprise de sa venue. Mais elle s'exposa au péril de le voir. Quand elle le vit, elle lui déclara d'une voix ferme : "Casse-toi, pôv' con".

Sa vie, qui fut assez courte, laisse d'autres exemples de vertu inimitables. »

 

 

Quelques images du salon

Tag(s) : #Des fois - ça me démange...

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