Lundi 27 avril 2009

Le site belge Bibliotheca - L'univers des livres vient de publier un papier sous la plume Marc Meneguz. Amin's blues est à l'honneur   :



"Il regardait fixement les crachats sanguinolents qui flottaient au fond du seau. Il aurait voulu rire - sinon sourire - du mauvais tour qu'il venait de leur jouer, mais la coupure de sa lèvre inférieure l'en dissuada.
- On avait dit à la fin du troisième, Courtaud, bon dieu de merde ! Tu comprends donc pas !
Bien sûr qu'il comprenait. Chow passa l'éponge sur le crâne rasé et la face du boxeur. L'eau puante dégoulina le long du buste massif d'Amin."


Quelque part au fin fond de la Louisiane, Amin Lodge, dit le Courtaud, est un boxeur sur la fin qui ne survit plus qu'en faisant des matchs truqués dans des bleds glauques de la région. Il est en quelque sorte un punching-ball qui, à tous ses combats, doit se coucher au plus vite. Mais un soir il se révolte, refuse de se coucher et bat son adversaire. mais il ne fait pas que le battre, il le tue carrément sur le ring. De plus il s'enfuit avec la caisse ainsi qu'avec la copine du patron. Mais la cavale d'Amin va vite se transformer en une véritable descente aux enfers. Car en plus de sa fuite, Amin s'est mis l'idée fixe en tête d'assassiner Lonnie Treasure, le vieux chanteur de blues dont la musique l'accompagne depuis la naissance.
C'est lors d'une tentative d'assassinat ratée que la journaliste Nad Burnsteen du Blues Monthly Star se met sur la piste de l'ancien boxeur en cavale. Sûre de son sujet, elle est prête à tout venir à bout de son enquête.

Amin's Blues de l'écrivain français Max Obione est un excellent roman, pur roman noir, qui en impressionnera plus d'un. Sur un rythme effréné de blues le lecteur suit la descente aux enfers d'un ancien boxeur poursuivi par tout type d'escrocs, de mafieux... et d'une jeune journaliste y flairant un gros coup médiatique. L'ambiance est noire et lourde, très glauque, à peine une note d'espoir ici ou là, que du noir. Et au fur et à mesure que l'on avance, et plus on s'enfonce dans une spirale de violence et de folie; Jusqu'à la conclusion qui n'en est pas vraiment une, comme si une telle folie ne pouvait trouver d'explication. Le montage de l'histoire se fait par l'assemblage de divers documents: des archives de disque dur d'ordinateur, articles de journal, textes de chansons,... pour accumuler les styles et les points de vue. Amin's Blues, porté par une écriture puissante, impressionne d'un bout à l'autre, le lecteur accroche jusqu'à la dernière page.

Amin's Blues est un roman poignant, un polar qui ne laissera personne indifférent.

A découvrir !


Accéder à Bibliotheca ICI



(avril 2009)

 

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Jeudi 23 avril 2009

La boxe a toujours fasciné les romanciers, les cinéastes, les bédéistes, etc. A l’intérieur du genre noir, on pourrait décliner un genre à part entière concernant le monde de la boxe, ses acteurs, leurs destinées, leurs drames, leurs déchéances. Parce que se joue dans l’affrontement des boxeurs une part de la destinée humaine.
Pour la littérature, on citera Hemingway, Jack London, Harry Crews, ajoutons Joseph Incardona ; moi-même, immodestement, j’ai commis Amin s’blues. Pour le cinéma, rappelons-nous, pour n’en citer qu’un, le fantastique Raging bull de Scorcèse avec De Niro dans le rôle de Jake LaMotta. Pour la BD, ou le roman en images, « Petites coupures » comptera dorénavant pour un must en la matière.

Lorsque j’ai découvert au salon du polar de Lens l’œuvre de Vincent Gravé, j’ai pris un méchant direct au cœur. Du noir et blanc, du gris, du flou, toute une palette graphique époustouflante au service d’un texte bien schwarz d’Incardona, complètement calé sur les archétypes du roman noir américain.

En roughman accompli, Vincent Gravé nous assène l’histoire avec un brio incroyable, on s’y croit ; le découpage des plans et des séquences vous embarque. Plongées, contre plongées, champs et contre champs, plans larges, gros plans... Du grand art, une virtuosité au service du texte. Que dire des floutés, des gris en arrière plan, des taches blanches, qui viennent ponctuer l’image comme un langage béhavioriste.

Ça donne une furieuse envie de découvrir les autres opus des Vincent Gravé.


On peut découvrir quelques planches ICI

Scénario des « Petites coupures » adaptée d’une nouvelle de Joseph Incardona « Adrénaline »

Images Vincent Gravé

ISBN 9782354190170

248 pages format 17x24 - 19.50 €

Edité par Les enfants rouges (Vallauris)


Propos de l’éditeur

Après « Fausse Route », un album sombre et dense dans la veine du pur polar américain, Vincent Gravé et Joseph Incardona, sortent un second album. Quittant les extérieurs nuits seventies d’un road-movie où il était question d’une femme fatale et d’un évadé de prison, ils abordent cette fois-ci dans « Petites Coupures » l’univers en huis clos et oppressant de la boxe dans les années 1940. Le temps d’un combat opposant Paul Norman à Max Chavez. L’histoire se déroule en 9 rounds sur et autour du ring. Inserts et flash-back permettent de dérouler deux existences que tout oppose en apparence et qui se retrouvent confrontées lors d’un match de gala. D’un côté Paul Norman, le champion déchu et, de l’autre, Max Chavez, l’étoile montante. Ce qui doit être alors une simple confrontation sans enjeux spécifiques, sinon pour Norman d’empocher une bourse rondelette et pour Chavez de peaufiner les derniers « réglages » avant son combat pour le titre, prend soudain une tournure inattendue et tragique…

Auteurs :
Joseph Incardona
est né en 1969 à Lausanne. Auteur italo-suisse, il a publié romans et nouvelles. Il vit entre Genève et Paris. Il a publié aux éditions Les Enfants Rouges : « Fausse route » avec Vincent Gravé, roman graphique (2007), « Dans les cordes », avec Marc Moreno, Julien Mariolle et Soluto, roman graphique de 3 nouvelles (2007).
Vincent Gravé, né en 1973, dessine depuis toujours. De 1996 à 2003, roughman intégré en agence, il en garde le goût du dessin vif. Depuis 2003, parallèlement à son métier d’enseignant et de roughman freelance, il délivre son univers dans ses diverses publications.

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Lundi 20 avril 2009
Le site K-libre publie un papier de Joël Jégouzo sur mon roman Les vieilles décences, qualifié en titre de "polar-terreux"...


Voici l'article :

Ce qu'il faut savoir sur les deux héros de la série

Raymond Japhet, dit Raja. Né dans les années 40, famille juive, râflée au Veld’hiv. Il fut alors confié en catastrophe aux époux Vidoche, qui vont l’élever... Magistrat intègre, sans illusion sur sa carrière, termine au Parquet comme substitut. Pas brillant... Épouse Mone, femme de caractère... Joue de la clarinette, prend des cours de Yiddish pour renouer avec ses origines. À la retraite, devient avocat pour les petites gens. Installe son cabinet au fond du bistrot la Périchole... Rencontre enfin Maurice Cintray, dit Mau, ancienne relation de travail. Est né dans les années 1940 dans un bled d’Eure-et-Loir. Enfance malheureuse. Devient un vrai Gavroche, puis carrière de flic basique. Instinctif, rusé, grande gueule et franc buveur. Teigneux. Collectionne les conquêtes qui se prénomment Janine.
Tous les deux apprécient le pinard de la Loire.


Le polar-terreux, version Obione

Mau, ancien flic, a entraîné son vieux pote Raja, magistrat à la retraite, dans une partie de pêche. Faute d'ablettes, ils ferrent un cadavre... Un cadavre dont la main est curieusement refermée sur un épi de blé. Mau diagnostique un meurtre. Mais pour les locaux (les gendarmes et le canard du coin), le noyé s'est noyé, point barre. C'est prendre Mau pour un idiot... Les deux compères enquêtent donc. D'autant qu'à la morgue, le cadavre livré par les pompiers n'est pas le bon. De fil en aiguille, nos deux acolytes finissent par lever une grosse affaire. Un vicomte (frelaté), un ricain (vrai de vrai), des bookmakers, d'anciens ministres, des préfets, des sénateurs et autres huiles, cul et chemise pour mener à terme leurs sordides embrouilles dont la Beauce est le théâtre. Une insulte au terroir ! Mau et Raja voient rouge et font le ménage... Sans ménagement.
Quelle galerie ! Quel couple que celui de ces deux retraités, Mau et Raja, veilleurs improbables de notre monde si moche. Braillards, paillards, il y a du Gabin dans ces deux-là, dans leur vadrouille exubérante de papys flingueurs. Du coup, la gouaille est à discrétion. Max Obione nous sert une langue truculente, qui de "pucier" à "ramenard", dévale à toute blinde le baragouin des gens de peu, la langue des bords de route du Tour de France, en marcel et pastaga. Une langue qui, à elle seule, vaut tous les lieux de mémoire et accomplit, pour notre régal, ce certain ton longuement mûri par le polar français. Un polar qui baguenaude en somme, jovial, picaresque, qui prend la clef des champs, s'enchampêtre si on osait, de bonnes odeurs espiègles et franches.


Citation :

Le temps : c'est une addition de petites morts qui viennent niquer de petites vies.


Joël Jégouzo vendredi 20 mars 2009

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Samedi 11 avril 2009
Marie-Pierre de Porta et ses complices des Comptoirs du Noir nous ont concocté une soirée Jeanne Desaubry le 5 mai 2009 chez Rita. On  y lira des nouvelles noires de la Jeanne. Des invités surprises sont prévus (Obione, Colize...). Une soirée haute en couleur noire garantie.

Lecture de nouvelles de Jeanne Desaubry
Avec les voix de Marc Bertin, Nathalie Prokhoris, Nanténé Traoré, Clément Variéras...
Mise en voix de Marie-Pierre de Porta
Claviers Clément Variéras Accordéon Anthony Mundy

Chez Rita, 67 de la rue des Orteaux Paris 20ème
Service à partir de 19 h, lectures après le diner
Métro Maraîchers,  bus 26 ou 64 (à 30 m, rue des Pyrénées)      Réservations conseillées - 01 44 64 76 09
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Jeudi 9 avril 2009
J'ai découvert la revue Au bord du noir par hasard, en surfant sur le site K-libre, et voilà t'y pas que je découvre que leur numéro 10, sorti en 2008, a publié un papier sur Amin's blues. Je m'empresse évidemment d'aller lire ce billet, un auteur quoi qu'il dise est toujours friand d'un regard critique, même si parfois ça lui reste en travers du gosier.











La voici..

Une histoire d’un boxeur qui dérive. Ça se passe aujourd’hui mais ça donne l’impression de se passer dans les années 50, 60…
Au départ, on pourrait craindre quelque chose de déjà vu, la boxe, le blues, la défonce, les prostituées, etc. il y a ça effectivement, mais l’histoire est construite par bloc d’écritures plus ou moins soutenues, ou fortes, une intrigue déconstruite, mais peu importe, ce n’est pas ça qui compte, ce qui compte c’est l’entrée dans un monde halluciné, poisseux, très bien rendu, par une écriture riche et directe en même temps. Bref, un roman vraiment intéressant, une relecture de clichés du roman noir qui tend vers une écriture poétique. Avec une forme variée, journalistique ou en immersion à la première personne, coupée par des textes de blues.
Un petit livre coup de poing qui a vraiment du charme et de la personnalité.

Baptiste

C'est bref mais bien senti ! Je ne connais pas Baptiste, peut-être l'apprendrai-je en fréquentant cette revue à laquelle je vais m'abonner sans délai. Il faut tirer notre chapeau à ces fondus de noir, qui lisent, qui défendent, qui promeuvent la littérature que nous aimons pour la faire apprécier à un plus large public. Respect, total respect !


Le chapeau sur leur site...


Ce site est un complément, reflet de notre revue Au bord du noir. Notre association a pour but d’aborder le roman noir avec subjectivité, partialité, mauvaise foi,en sachant que nous ne détenons aucune vérité. Mais nous pensons que le débat, la confrontation de points de vue ne peuvent que profiter au genre. Avec notre revue, et ce site, nous essayons de défendre un genre que nous voulons vivant, mordant, provoquant, remuant, émouvant, enthousiasmant.

 

Bonne lecture.

 


Le numéro 11 d'Au Bord du Noir est sorti ce 31 mars 2009. On y trouve des entretiens avec Caryl Ferey, Catherine Diran, une nouvelle poulpesque de Laurent Martin, d'autres nouvelles et toujours un cahier critiques. On peut le commander pour 3 euros (chèque à l'ordre de Projet Noir) à Projet : Noir, c/o Cap Berriat, 15 rue Georges Jacquet, 38000 Grenoble.


Le chèque part demain. J'ai bien l'intention de leur adresser une nouvelle...
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Mercredi 8 avril 2009

Le recueil collectif de nouvelles sur les Clash et leur album fétiche « London calling » sortira à l’automne 2009 chez Buchet-Chastel sous le titre probable « London calling » avec un sous-titre.

On a échappé à « Strummer in Paris », « Clash tous risques », « Conscience de Clash », « Le Clash dirigeante, la Clash ouvrière, société sans Clash », « Hors Clash », « Clash verte », « Camarades de Clash », « Ici Londres....(les auteurs parlent aux rockeurs) », « Total London (Re) calling », « Clash away », « One more Clash », « London recall », « Clash-back », « Clashback »…

Antoine de Caunes a accepté de signer la préface à l'ouvrage.

Le projet est piloté par l’ami Jean-Noël Levavasseur, bien connu des lecteurs de fanzines rock, avec qui, en compagnie de Frédéric Prilleux, nous avons publié « Stories of the Dogs » Hommage à Dominique Laboubée chez Krakoen. (A nouveau disponible en version collector "bleu", chez votre libraire ou sur Internet > lien)





Chaque auteur a composé sa nouvelle à partir d’un titre de l’album.  J’ai choisi Hateful. On peut lire le début ICI.


 

Ecouter Hateful


Les titres et les auteurs en regard :

London calling Jean-Hugues Oppel

Brand new Cadillac Thierry Crifo

Jimmy Jazz Pierre Mikailoff

Hateful Max Obione

Rudie can’t fail Olivier Mau

Spanish bombs Annelise Roux

The right profile Jan Thirion

Lost in the supermarket Marc Villard

Clampdown José-Louis Bocquet

The guns of Brixton Mouloud Akkouche

Wrong’em boyo Michel Leydier

Death or glory Jean-Noël Levavasseur

Koka kola Thierry Gatinet

The card cheat Sylvie Rouch

Lover’s rock Jean-Bernard Pouy

Four horsemen Frédéric Prilleux

I’m not down Christian Roux

Revolution rock Caryl Férey

Train in vain Jean-Luc Manet


On m’a demandé aussi de remonter dans mes souvenirs personnels pour dégoter celui qui
serait lié aux Clash, le détonateur en quelque sorte, et plus spécifiquement à l’album
« London calling ». Ce souvenir est attaché à leur découverte un bel après-midi du printemps 1984. Je vous le livre tout cru :



« Il s’appelait Didier…M.... Veilleur de nuit lourdé de sa boîte de gardiennage. Je l’avais défendu devant les Prud’hommes de Coutances. Inutilement. Le patron l’avait surpris en train de roupiller. Je l’ai revu après, à l’Union locale, il rebossait aux abattoirs de Saint-Lô et avait pris sa carte. J’attendais dans le baraquement de l'interpro, avec quarante pelés. Un ponte de Paris devait descendre avec un gars du syndicat des mineurs d’Angleterre. Au bout de 10 mois de grève, il fallait les soutenir et ramasser quelques billets au passage. Comme ça durait, on a habillé Maguy Tasdechair pour l’hiver. Assis devant moi, le Didier était ailleurs, les oreilles truffées d’écouteurs, un cassettophone à piles sur les genoux, la musique grésillait. J’ai tapoté son épaule. Il s’est retourné :

— Hon, ah c’est toi ! qu’il dit.

— T’écoutes quoi ?

— Londonne colline… qu’il répondit.

— C’est bien ?

— Taka ! qu’il dit en me tendant un écouteur que je carrai dans mon oreille.

Penché à le toucher presque. Il sentait l’eau de Cologne. »

Ce pourrait être le début d’une autre nouvelle… Qui sait ?


 

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Mardi 31 mars 2009
Un libre penseur, mécréant, apostat, athée, anticlérical, ne peut que se réjouir de la zizanie chez les calotins. C'est mon cas. Les bourdes papales, les excommunions inouies, la réinsertion dans le giron de l'église d'un évêque nazillon... que du bonheur ! Entre parenthèses, ce monsignore croit dur comme fer que l'ange Gabriel a engendré un dieu dans le ventre de Marie et que celle-ci a enfanté en restant toujours vierge, mais s'agissant de la shoah et des chambres à gaz, cet individu veut des preuves ! C'en est à vomir ! Quelques prises de conscience chez les cathos viendront grossir nos rangs. Mais je ris jaune quand même ; je ne crois pas à la maladresse renouvelée de monsieur Ratzinger, il s'agirait, comme le montre l'essayiste Caroline Fourest qui met toutes les décisions vaticanes en perspective, d'un plan savamment orchestré pour droitiser le monde catho afin de faire front notamment face à l'islam ou autres évangélismes beaucoup plus actifs. Une course à l'obscurantisme, il nous manquait plus que cela !

La sortie sur la capote, réitérée mais plus insistante, fait partie du plan ; ce rappel au dogme pour interdire le préservatif contrevient dans le même temps à un de leur commandement essentiel du vivre ensemble sur cette fichue planète :  "Tu ne tueras point". Il vient ruiner les efforts de la prévention du Sida, notamment en Afrique si touchée par cette pendémie. Le plus laid des visages est affiché par le chef de cette religion, celui d'une absence de compréhension du monde et de ses drames. De compassion tout bêtement ! Oh pour les malades, que de déclarations charitables, mais faire en sorte que ces personnes ne tombent pas malades, vous n'y pensez pas ! Cette imbécillité criminelle ne peut que révulser les femmes et les hommes épris d'humanisme.
Décidément, le clergé et la hiérarchie catho n'ont jamais été au clair sur la sexualité. Il prêche ad libitum l'abstinence, la chasteté... Alors les dérapages...  J'ai relevé dans Libé (édition de mi-mars 2009) l'articulet suivant qui m'a fait hurler de rage et de rire à la fois : "436, c'est en millions de dollars (337 millions d'euros) les sommes payées en 2008 par l'église catholique dans le cadre d'affaires d'abus sexuels perpétrés par des ecclésiastiques. La conférence des évêques américains note que le nombre des plaintes a augmenté de 16% en un an. En 2007, l'église avait déboursé 526 millions." Et on ne parle que d'abus...

Après un séjour de 4 ans dans les établissements des Frères des écoles chrétiennes, j'ai été viré avec le motif suivant : "N'est pas admis à redoubler, n'est pas admis à monter de classe" Magnifique tournure jésuitique, je conserve le document précieusement. A dire vrai, c'est mon manque de foi qui m'a joué des tours, les conversations d'alors avec le prêtre au cours desquels je m'interrogeais tout haut sur les points qui me troublaient dans l'adhésion aveugle aux dogmes, les avaient alertés. Allez oust, du balai, direction la laïque, l'école du diable ! Pour moi, le lycée Malherbe de Caen et l'ouverture d'esprit...
J'ai gardé de ces années qui m'ont fait haïr cette église quelques anecdotes que j'ai retranscrites dans Le jeu du lézard. Rien ne se perd par conséquent pour un romancier. Mais Diable, je suis bien débarrassé de ces simagrées, soulagé de cette administration hypocrite. L'enseignement de Jésus du sermon sur la montagne, je le prends comme une contribution à l'histoire des idées et le reste, basta !

Le feuilleton
On n'est pas au bout de nos surprises... sur Rue 89. Ce qui éclaire l'objectif poursuivi par le personnage et sa clique, ce ne sont pas des bourdes, c'est bien délibéré !


Janvier 2009. Karl Öllinger, un député écologiste autrichien qui s'est spécialisé dans le combat contre l'extrême droite florissante dans son pays, tombe sur un hors-série de la revue Die Aula, paru à l'occasion du 150e anniversaire de la révolution allemande de 1848.

Au milieu des affabulations de négationnistes de députés d'extrême droite et de membres du parti néonazi allemand NDP, il tombe - éberlué - sur un texte signé du cardinal Ratzinger et intitulé « Freiheit und Wahrheit » (« Liberté et Vérité »).

En fait, une charge virulente contre les libertés individuelles et le système démocratique, qui aujourd'hui encore, peut être consultée à Vienne, au Centre de documentation et d'archives sur la résistance (DÖW), un organisme chargé de surveiller les mouvements extrémistes.

Lire l'article en entier ICI


Face au tollé des réaction devant cette révélation, Rue 89 enfonce le clou... et ça fait mal !
Lire le deuxième épisode ICI

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Jeudi 26 mars 2009
La Bretagne compte le plus grand nombre de lecteurs au km2 selon les statistiques, et de lecteurs de polars assurément. Il suffit de vérifier cet engouement lors des festivals de Lamballe, Concarneau, Pen'march, Mauves sur Loire, Rennes... Notre ami Claude Le Nocher de Brech (56) est le plus acharné lecteur et défenseur du genre. Son blog Action suspense est l'un des plus actifs et des plus documentés. Toute l'actualité s'y trouve. Patrick Galmel de Rennes  qui m'a découvert il y a quelques années déjà tient l'excellent site Pol'art noir. La médiathèque de Pordic abrite La Noiraude, fonds spécialisé unique en France de nouvelles noires et policières sous la direction de Frédéric Prilleux, etc.
Il faudrait citer également les nombreuses maisons qui éditent des polars. Alors vive la Bretagne !

Bonne surprise, le blog Eireann tenu par Yvon vient de publier un papier sur mon recueil de nouvelles Balistique du désir. Lire

Détail sur le recueil
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Mardi 24 mars 2009
Regardez et écoutez ça ! Une pépite de bonheur pour les oreilles et le coeur. Des raisons d'espérer, de croire à la beauté des choses, à la lumière tapie dans le coeur des hommes, de bannir tous les soucis et d'enculer les emmerdes ! Tout ce que j'aime !

Voir et écouter
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Lundi 23 mars 2009

Cette chronique est parue dans le n° 104 de la Revue 813, la revue des amis des littératures policières, rubrique Polaroïdes


Tranchecaille de Patrick Pécherot, Série Noire (Gallimard)

Tout juste l’âme du dernier poilu rendue, voici que Pécherot nous donne son Tranchecaille(1). Un roman noir dans la boue et le sang de l’Histoire, celle avec une grande hache, celle de la boucherie de 14-18. Tranchecaille, c’est le soldat Jonas, un malingre mal foutu qui décroche la chance d’être conscrit comme les autres gars de son village. Et tous ces gaillards partent vaillamment au casse-pipe, le cœur léger, dans la lumière de ce bel été 1914, bleuets et coquelicots à la boutonnière… Quand on lui file son uniforme, le falzar est beaucoup trop grand. S’en suivront un surnom (admirable), des plaisanteries et des embarras multiples qui vont aigrir le tempérament de cette tête de mule. Un jour qu’il rouscaille encore, le lieutenant Landry lui intime l’ordre de remplacer ses braies flottantes par un pantalon pris sur un mort(2). C’est l’affrontement entre les deux hommes sous l’œil de la compagnie. Jonas serre les dents, refuse d’obtempérer. Quelques jours plus tard, lorsque le lieut’ est retrouvé trucidé d’un coup de baïonnette dans le dos lors d’une offensive, Jonas est soupçonné d’emblée par la hiérarchie militaire. Un assassinat de vengeance, rompez !

Avant même son procès, il est déjà condamné car il incarne le désordre. « Vous le savez, la justice n’a rien à voir là-dedans. Il leur faut un coupable. Pas pour le lieutenant. Pour l’ordre, mon capitaine, pour l’ordre. Sous leurs médailles, ils pèlent de frousse à l’idée que le manche puisse branler(3)». Nous sommes en 1917, l’année des mutineries, l’hécatombe du Chemin des dames a saigné les premières lignes, le moral se dégrade, les hommes renâclent, grondent, certains entonnent l’Internationale. Bientôt ses accents se mêlent aux couplets de la chanson de Craonne.

Intolérable pour ces incapables badernes, sous-clones de Nivelles ou de Mangin, culottes de peau bouffies de la morgue de leur caste. Ces bouffeurs de chair fraîche à canons, ces « déssimeurs » de péquenots qui ne doivent pas broncher quand ils se font tailler en pièces par les Boches sauront tenir la troupe. Sinon, un tour de tourniquet !… et 12 balles dans la peau !

Ce livre poignant commence par la fin : le soldat Jonas est passé par les armes au petit matin. Il ne faut donc pas rechercher son principal intérêt dans l’intrigue ou le suspense. Toutefois l’enquête menée par l’officier et son greffier Bohman, détective dans le civil, nous en révèlera toute l’ambiguïté : Jonas, ce coupable mirobolant tant il attire à lui la déveine (ne l’accuse-t-on pas d’avoir zigouillé aussi sa marraine de guerre) était-il innocent ? « A moins qu’il ne doive mourir parce qu’il représente ce que (l’armée) a produit de pire : un assassin. »

L’intérêt ? C’est la littérature tout bonnement, la conduite du récit, le langage, le tableau historique est bien documenté, le style alerte et imagé au réalisme poétique. Défilent aussi devant vos yeux les images des albums de Tardi (4) consacrés à la Grande guerre. Pécherot assemble un patchwork de saynètes courtes : interrogatoires des protagonistes menés par le capitaine Duparc chargé de la défense de Jonas, lettres du premier à sa fiancée, monologue du médecin chef charcutant les blessés en compagnie d’une bonne sœur à cornettes, etc. On est baladé de la zone de front à l’arrière durant les permes, dans ce Paris populaire si cher à l’auteur(5), du Conseil de guerre aux tranchées de la première ligne, etc.  Ce pointillisme du roman dresse un tableau d’une exceptionnelle acuité.

La construction est virtuose comme l’écriture. Parfois le parler vériste dérape dans des enjolivements poétiques incongrus dans la bouche de certains protagonistes – seule minuscule réserve.

Le Bardamu du Voyage au bout de la nuit de Céline a trouvé en ce soldat Jonas un compagnon d’infortune, si le premier s’est échappé de l’enfer, le second est tombé sous les balles françaises, héros pitoyable massacré par la bêtise belliciste dans ce grand naufrage de l’humanité. Un grand livre.

 

Max Obione - mars 2009


1 - On citera parmi les auteurs incontournables : Roland Dorgelès, Maurice Genevoix, Erich-Maria Remarque... et aussi dans le genre polar actuellement, Thierry Bourcy.


2 -Le point de départ de l’histoire rappelle « Le pantalon rouge », téléfilm d’Yves Boisset (1999), évoquant le soldat Julien Bersot doté d’un pantalon non réglementaire, fusillé pour avoir refusé d’enfiler un pantalon garance souillé ayant appartenu à un soldat mort.


3 -Allusion au refrain de la chanson célèbre La Semaine sanglante (Commune de Paris 1871) « Oui, mais ça branle dans le manche/ les mauvais jours finiront/ et gare à la revanche/ quand tous les pauvres s’y mettront ».


4 - Brindavoine de Tardi et les suivants, Mattéo de Jean-Pierre Gibrat...


5 - On relève page 271, une « rue Meckert » à Paris, allusion souriante à Jean Meckert-Amila et au roman de Didier Daeninckx, 12 rue Meckert paru dans la Série Noire.

 





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Sang d'encre

Je serai présent aux journées autour des littératures policières de Vienne (Isère) 21 et 22 novembre 2009

Kicé cékoi ?

  • : Max Obione sous toutes les coutures... ses romans, ses nouvelles... ses projets et tout le toutim d'un vieux Narcisse qui essaie d'écrire des histoires !

Quand tu y penses !

Réussir à chuter vers  le haut
Jorge Luis Borges

Mes nouvelles hier et demain

Pépètes...

Votre libraire habituel se fera un plaisir de vous vendre mes livres, s'il ne les a pas en magasin, commandez-les, même à l'unité, sinon sur Internet ICI mais ça risque d'être long  !
(Ni Krakoen, ni le distributeur Calibre ne sont fautifs dans l'histoire)

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